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L’étude de l’architecture médiévale

Tour du pape Jean XXII à Cahors, Hôtel de la Monnaie à Figeac, Palais de la Raymondie à Martel, la Ricardie à Gourdon, maisons de Saint-Cirq-Lapopie ou Rocamadour … L'architecture médiévale constitue une des images fortes du département du Lot, attirant de nombreux touristes et intéressant fortement ses habitants curieux de connaître le patrimoine qu'ils côtoient tous les jours.

02 décembre 2011

Les maisons du Moyen Age, un patrimoine méconnu

Peu de départements français ont une image aussi nettement associée à l'architecture médiévale que le Lot : en plus des châteaux et églises romanes ou gothiques, près de 1 500 édifices domestiques du Moyen Age sont disséminés aussi bien dans les villes et les villages qu'en pleine campagne.

Ce patrimoine est cependant largement sous-protégé et peu étudié à ce jour.

La très grande majorité des 220 édifices médiévaux classés ou inscrits parmi les Monuments historiques relève en effet de l'architecture religieuse ou militaire, et non des maisons civiles.

Si les villes de Cahors et Figeac ont été inventoriées, étudiées et protégées, il n'en va pas de même pour le Quercy rural et les nombreux bourgs médiévaux (Bretenoux, Capdenac, Cardaillac, Cazals, Fons, Montcabrier, Gignac, Gourdon, Martel, Puy-L'Evêque, …).

A côté des palais urbains et grandes demeures connues de tous, il subsiste ainsi de très nombreuses traces, parfois bien visibles, souvent cachées, témoignage unique des techniques de construction et des modes de vie du Moyen Age.

Le Conseil général du Lot a pour ces raisons choisi en 2005 de conduire un inventaire de l'architecture civile médiévale selon un triple objectif : scientifique, conservatoire et culturel.

Après une première phase de recensement préliminaire entre 2005 et 2007, une deuxième phase d'étude approfondie a été conduite entre 2008 et 2011.

Etudier pour mieux comprendre

L'équipe d'inventaire, composée de 3 personnes (historien de l'art, architecte du patrimoine et historien), a effectué entre 2005 et 2007 une visite de l'ensemble des villes, villages, hameaux et lieux-dits du Lot susceptibles de dissimuler un ou plusieurs édifices médiévaux, relevant d'un strict usage domestique (hôtels et demeures urbaines, maisons rurales et fermes, logis avec tour, "roques" et "bories", moulins, sites troglodytiques, …) ou non (églises, châteaux, ponts, …).

Chaque enquête par canton a donné lieu à la rédaction d'un texte synthétique, à la réalisation d'une fiche d'inventaire et à une couverture photographique la plus exhaustive possible par édifice repéré.

Ce travail permet de procéder ensuite à des analyses comparées des matériaux ou techniques de construction, et à l'établissement d'un corpus de formes (fenêtres, portes, escaliers, cheminées, latrines, charpentes, …).

En fonction de leur intérêt ou de travaux urgents, une sélection de monuments majeurs fait l'objet d'études archéologiques approfondies, avec plans et relevés de façade.

La confrontation entre le terrain et les données historiques doit aussi permettre de dresser une analyse cartographiée de chaque groupement villageois (bourg castraux, ou villages monastiques, forts, bastides, …).

Cette documentation est enfin progressivement numérisée dans une base de données informatique, permettant notamment de réaliser des cartes de densité des maisons par commune ou canton.

Connaître pour mieux conserver

La connaissance recueillie au cours de l'inventaire est mise à disposition de l'ensemble des propriétaires, afin de les éclairer sur l'intérêt et les accompagner dans la conservation, la restauration et la mise en valeur de ces maisons.

Cette documentation sert autant aux particuliers à appréhender l'histoire de leur édifice, qu'aux architectes à faire des choix quant à un parti de restauration, ou encore aux élus locaux de disposer d'une meilleure connaissance du patrimoine pour la gestion et l'aménagement et de leur territoire.

Formation des maîtres d'œuvre et artisans aux techniques médiévales, accompagnement de chantiers de restauration, …

Les édifices majeurs ont été identifiés afin de réfléchir ensuite à la meilleure façon de les conserver et de leur garantir pérennité et intégrité.

L'inventaire n'a toutefois pas de valeur juridique.

Il ne se substitue ni à la législation des Monuments historiques ni aux règlements d'urbanisme. Il permet juste aux propriétaires de faire les bons choix et de disposer des bons outils quant à la transmission dans les meilleures conditions de ce patrimoine aux générations futures.

Valoriser pour mieux transmettre

Une fois l'inventaire achevé, les photographies, fiches d'analyse et études sont mises en ligne sur internet, sous réserve que cela ne porte pas atteinte à la propriété privée et ne mette en péril la sécurité de certains édifices et sites archéologiques sensibles.

Les résultats de l'inventaire sont donc consultables sur le site www.patrimoine-lot.com au fur et à mesure de l'état d'avancement du programme de recherche et de la numérisation de la documentation.

Un cycle de conférences régulières a été engagé dès 2006 pour présenter les résultats de l'inventaire canton par canton. Il se poursuit depuis 2009 sous une forme trimestrielle en partenariat avec la Médiathèque du Grand Cahors.

Des visites de sites sont aussi régulièrement organisées, tandis que la documentation doit aussi servir à la réalisation d'expositions itinérantes et de brochures de découverte.