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Luchon, Grand Site de Midi-Pyrénées

Entre val d’Aran et vallée du Louron, Luchon, l’une des plus grandes villes d’eaux françaises, est entourée par une couronne de sommets de plus de 3 000 m, dont l’Aneto est le point culminant. La « Reine des Pyrénées » est à l’avant-garde du pyrénéisme et du ski, avec la station de Superbagnères, qui accueille à ses pieds les sources thermales.

11 août 2014
Auteur : Juliette Galvan

Les origines de la station thermale de Luchon

Le site de Bagnères-de-Luchon, nom immémorial et officiel de la ville, est occupé depuis le paléolithique. Le nom de la ville serait la déformation d’Ilixo (ou Ilixon), la divinité préromaine des sources des Aquitains. Au fur et à mesure, Ilixo est devenue Lixon, Luxon puis Luchon[1]. « Bagnères » découle du roman « Balnearia », site des bains ou baigneries. Pourtant, ce n’est qu’à partir de l’époque romaine que commence l’exploitation des sources thermales, appelées alors « Thermes onésiens »[2].

Au cours du Moyen Age, la vie luchonnaise s’organise autour du château et de l’église paroissiale Notre-Dame de l’Assomption : collégiale romane surmontée d’un clocher octogonal (XIe siècle). Quant au château, son emplacement exact reste inconnu, mais il devait probablement se trouver à proximité immédiate de l’église.

La ville subit des invasions au cours de cette période et différents conflits entre les seigneurs des vallées alentours, ce qui entraine son appauvrissement[3]. Les bains continuent pourtant à être fréquentés par les habitants des régions voisines. A la Renaissance, Luchon et ses cures thermales vont connaitre leur renouveau, grâce notamment à Marguerite de Navarre (1492-1549). De surcroit, Luchon est un nœud commercial important, pendant les Guerres de Religion. L’axe de la Garonne, en remontant vers sa source, est alors une voie pour le commerce vers l’Espagne[4].

On assiste ensuite à l’âge d’or de la station à partir du règne de Louis XIV (1648-1715) jusqu’au Second Empire (1852-1870).

Succès du thermalisme

A partir de 1759, la ville connait un essor thermal et économique considérable. Antoine Mégret d’Etigny (intendant de la généralité de Gascogne, Béarn et Navarre de 1719 à 1767) y fait réaliser différents travaux : une route carrossable parvenant de Saint-Gaudens à Luchon, un bâtiment thermal et une très longue allée arborée pour organiser la ville et ainsi relier les sources thermales au vieux bourg. Cette allée, de 560 m de long sur 30 m de large, donne une impulsion essentielle à la ville. De plus, il fait appel à de puissants personnages tels que le Cardinal de Richelieu ou la Princesse de Brionne afin de promouvoir les « baigneries » auprès des personnages influents de la cour.

Suite à un incendie en 1841, les thermes sont reconstruits par l’architecte Edmond Chambert (créateur du casino et de nombreuses villas) dans un style néo-classique et sont ornés d’un jardin anglais sur le côté. Les murs sont ornés des peintures de Romain Cazes (frises de rinceaux et de vagues d'inspiration antique). Le fils de Napoléon III vient séjourner aux Thermes Chambert en 1867. En l’honneur de cette visite, le pavillon du Prince Impérial est édifié au cours du XXe siècle.

La création d’une ligne de chemin de fer depuis Paris en 1875 accentue le dynamisme de la ville thermale, qui se dote d’un casino cinq années plus tard (architecte Castex). Autour de celui-ci se rassemblent les nombreuses villas des curistes : chalets Spont, villas Pyrène et Nadeau, etc. Elles sont entourées de jardins et allées, créés pour la promenade. Ces espaces verts constituent un complément des effets de l’eau minérale dans le système de la cure. Les eaux de Luchon sont les plus sulfurées des Pyrénées. Avec 118 sources naturelles, Luchon est la station incontournable pour le traitement des voies respiratoires.

Apogée du pyrénéisme

A l’heure où le thermalisme bat son plein, Luchon est l’une des premières stations « de montagne », qui a le double avantage d’associer des sources thermales reconnues à la proximité du massif de la Maladeta, le plus haut des Pyrénées. Au XIXe siècle, Luchon s’impose comme la capitale pyrénéenne des sports de montagne naissants et comme l’un des points de départ de l’aventure pyrénéenne.

En effet, c’est au-dessus de Luchon que se font les tous premiers pas du pyrénéisme. En 1789, le Grand Quayrat (pic de 3 060 m) est gravi et l’Aneto, point culminant (3 404 m) est « vaincu » en 1842. Les grands explorateurs et pères du pyrénéisme sont attirés par Luchon, comme Toussaint Lezat, Henry Russell, Emile Belloc ou encore Henri et Marcel Spont. Ces derniers ont construit une grande partie de leur renommée autour de cette station[5].

Aujourd’hui, Luchon a gardé le même aspect général depuis la fin du XIXe siècle, excepté le bâtiment thermal moderne aménagé en 1970[6]. Dans l’après-guerre, Luchon vit ses Trente Glorieuses grâce à la prise en charge progressive des cures par la Sécurité sociale. De nos jours, une nouvelle exploitation de ses sources thermales se fait par le biais du thermoludisme.

Informations pratiques :


1 - Kerssenbrock (Ferdinand), Luchon, Urbaine et pyrénéenne, Editions Privat, 2009, Toulouse

2 - Strabon (64 avant JC – 21 / 25 après JC) est un géographe et historien grec.

3 - Grenier (Lise), Sous la direction de, Voyage aux Pyrénées ou la Route thermale, Institut français d’architecture, 1987, Tarbes.

4 - Toulouse, à cette époque, ne pouvait plus écouler ses marchandises vers Bordeaux en raison du blocage opéré par la place forte (protestante) de Montauban.

5 - Hagimont (Steve), « Les Pyrénées Luchonnaises à la Belle Epoque – La mise en forme touristique d’un paysage » dans Revue de Comminges et des Pyrénées centrales, Tome CXXIX, 1e semestre 2013, Montréjeau.

6 - Grenier (Lise), Sous la direction de, Voyage aux Pyrénées ou la Route thermale, Institut français d’architecture, 1987, Tarbes.