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Cauterets, Pont d’Espagne, Grand Site de Midi-Pyrénées,

Située sur un plateau à 1 000 m d’altitude, la ville de Cauterets est, depuis le XVIe siècle, l’une des stations thermales les plus réputées des Pyrénées. Elle devient également, à l’orée du XIXe siècle, un point de départ pour la conquête des sommets et ensuite un lieu de villégiature important pour le pyrénéisme.

08 août 2014
Auteur : Juliette Galvan

Les origines de la station thermale de Cauterets

De nombreux massifs montagneux entourent la ville, dont le Vignemale (3 298 m), le Cabaliros (2 334 m) ou le Péguère (2 316 m). Cauterets était initialement dénommée « Caldarrez », signifiant « chaudière », car de ces pics jaillissaient des sources sulfureuses chaudes.

La station thermale de Cauterets est connue depuis les Romains qui y avaient déjà aménagé un premier bassin. A partir de 945, les bains appartiennent aux moines de l’abbaye de Saint-Savin (fondée en 778) par donation du comte de Bigorre. Le développement du village de Cauterets est l'œuvre de l'abbé de Saint-Savin Bernard III (1059 - 1078), qui avait compris l’intérêt de ces sources chaudes. Il fait construire l’église Saint-Martin et aménager une piscine dénommée « bains d'en-haut ». Des habitations, sous forme de cabanes, se regroupent autour de ce bain[1].

A l'exploitation de ces premières sources, s'ajoute celle des « bains-du-milieu » et des « bains-d'en-bas ». A la Renaissance, une nouvelle impulsion est donnée au thermalisme : des médecins, architectes et humanistes commencent à évoquer la mémoire des « bains antiques » et participent à la réputation de Cauterets. Des personnages célèbres viennent alors y prendre les eaux comme Gaston Fébus, comte de Foix, Marguerite de Navarre ou Catherine de Médicis et sa fille Elisabeth.

Toutefois, l’accès demeure difficile. On doit se rendre aux bassins dispersés dans la montagne en chaise à porteurs. La route de Pierrefitte à Cauterets n’est aménagée qu’en 1739.

Cauterets, rendez-vous mondain du XIXe siècle

Le thermalisme thérapeutique s’affirme au XIXe siècle ; dès le lever du jour, on va boire à jeun les eaux de la source de La Raillère. Le village commence alors à s’urbaniser et des bâtiments de bains plus accessibles sont édifiés. Le principal est l’établissement de César et des Espagnols, dont la façade néo-classique est composée de trois arcades monumentales. Les Thermes de Pauze-Vieux (1853) et les Néo-Thermes (1879), quant à eux, sont aménagés aux abords du village.

Les loisirs permettent alors une distinction sociale entre les curistes. Le théâtre de Cauterets, œuvre de l’architecte Cottet, présente un riche décor sculpté avec mascarons de dieux barbus et quatre cariatides de pierre (danse, musique, tragédie et comédie)[2]. La promenade elle-même devient un rite social. Les bains thermaux sont reliés entre eux par des chemins comme les promenades des Lacets de Pauze ou de la reine Hortense, qui permettent de compléter pendant la cure l’effet de l’eau minérale.

L’apogée de Cauterets est atteinte dans la seconde moitié du XIXe siècle. Un nouveau quartier, à la dimension des villes d’eau renommées en Europe, ainsi que le nouvel établissement thermal des « Œufs » agrandissent le village. Achevé en 1869, cet édifice se réfère par son architecture aux modèles en vogue sous le Second Empire, dont l’entrée est marquée par un perron, un balcon et un fronton[3]. Il comprenait des thermes au rez-de-chaussée et un casino à l’étage.

Cauterets devient le rendez-vous mondain à la mode. En 1897, la ville se dote d’une gare, encore en activité aujourd’hui : construite entièrement en bois, toute en longueur, elle constitue le terminus de la ligne Paris – Lourdes : arrivés en train, les curistes remplissent les palaces. Dès 1896, le tramway permet de relier la ville thermale à la source de La Raillère.

Cauterets et le pyrénéisme

Les Pyrénées deviennent aussi une destination mondaine, même si les eaux gardent leur réputation acquise depuis le XVIe. Avec la génération romantique, ce sont les villes d’eaux de montagne qui attirent touristes et « buveurs d’eaux », suscitant la présence de nombreux porteurs et guides de montagne. Les guides cauterésiens se démarquent par leur résistance, mise à l’honneur notamment lors du Trophée du Vignemale. Créée en 1904, cette course à pied a été créée dans le but de défier les guides voisins et rivaux de Gavarnie, grands maitres du pyrénéisme.

La station se transforme alors en centre d’excursion d’où l’on part faire des ascensions, et participe ainsi au développement du « pyrénéisme » (« ascensionner, sentir, écrire », Henri Béraldi, 1898). Des étrangers et des grands écrivains marquent également leur passage puisque la ville accueille les idylles de George Sand et Aurélien de Sèze (1825), de Chateaubriand et Léontine de Villeneuve dite l’Occitanienne (1827)[4] et de Victor Hugo et Juliette Drouet (1843)[5].

En 1886, le pont d’Espagne est construit. Traversant le Gave, il est un chemin de passage et d’échanges permettant de rallier l’Espagne par les Pyrénées. Au milieu du XIXe siècle, il est lui aussi un lieu prisé par la haute société car il permet d’accéder au lac de Gaube et aux nombreuses cascades « bondissantes » de Cauterets.

Cauterets – Pont d’Espagne est une des portes d’entrée du Parc National des Pyrénées. Institué en 1967, celui-ci englobe les six hautes vallées frontalières de l’Espagne : les vallées béarnaises d’Ossau et d’Aspe et les vallées d’Aure, de Barèges, d’Azun et de Cauterets. Aujourd’hui, la station thermale s’est agrandie d’une station de ski, nommée « Hautacam ».

Informations pratiques :


1 - Flurin (René), Histoire de Cauterets: des origines à nos jours, Créer, 2006.

2 - Grenier (Lise), Sous la direction de, Villes d’eaux en France, Institut français d’architecture, 1985, Paris.

3 - Grenier (Lise), Sous la direction de, Voyage aux Pyrénées ou la Route thermale, Institut français d’architecture, 1987, Tarbes.

4 - Reprise dans le film « L’Occitanienne » de Jean Périssé en 2008.

5 - Grenier (Lise), Sous la direction de, Villes d’eaux en France, Institut français d’architecture, 1985, Paris.