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Marciac, Grand Site de Midi-Pyrénées

Marciac, fondée à la toute fin du XIIIe siècle, se situe dans la partie méridionale de la province historique de Gascogne et constitue une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Elle est l’une des nombreuses bastides qui ont été créées au cours du Moyen Âge dans ce qui est aujourd’hui le département du Gers.

18 avril 2014
Auteur : Juliette Galvan

La ville neuve de Marciac, fondée sur un territoire stratégique :

En bordure de l’Astarac et à l’entrée de la Rivière Basse, deux régions de l’ouest gersois se trouve Marciac. A la confluence des rivières du Bouès et du Laüs, ce site s’est développé dans une plaine en contrebas des forêts d’Armagnac. Au début du XIIIe siècle, l’emplacement de Marciac était occupé par une grande forêt marécageuse, servant de refuge aux brigands et aux voleurs[1] .

Afin de lutter contre cette insécurité et de mettre en valeur la forêt et ses marécages, une charte de paréage créant la bastide de Marciac est signée en 1298 par le roi Philippe-le-Bel, Arnaud-Guilhem III de Montlezun, comte de Pardiac et l’abbé de la Case-Dieu. Ce contrat constitue un acte de répartition des revenus entre l’autorité fondatrice, le roi Philippe le Bel et les propriétaires des terrains, le comte et l’abbé. En contrepartie de son soutien policier et financier, le roi obtient le droit de construire, pour lui et ses officiers, une maison principale et une autre pour les religieux dite « Maison des Abbés »[2] .

Le nom de la ville fait référence au sénéchal Guichard de Marciac, représentant le roi lors de l’établissement du paréage.

Construite sur le modèle dit gascon, la bastide de Marciac était à l’origine entourée de remparts, percés de huit tours-portes et défendus par un fossé.

Le développement de la cité :

Une première église dédiée à Saint-Pierre est édifiée à l’ouest de la ville. Mais suite au développement considérable de la ville neuve, une seconde église plus importante est érigée en 1326 : l’église Notre-Dame de l’Assomption. Sa construction se fait en plusieurs étapes. En effet, ce monument de style gothique accueille à partir de 1444-1445 un collège de prêtres, ce qui nécessite la création d’une sacristie. Par la suite, l’archevêque d’Auch établit un collège de douze chanoines dans l’église devenue collégiale, en 1470.

Suite à une Bulle du pape Innocent VI en 1353, l’ordre mendiant des Augustins reçoit l’autorisation de s’installer à l’intérieur de la ville neuve. Ils construisent alors les bâtiments conventuels dont une chapelle, un clocher, un cloître et un cimetière. Les Dominicains, quant à eux, arrivent dans la ville en 1402. La taille de la ville neuve de Marciac et sa situation privilégiée sur le chemin de Saint-Jacques constituent une aubaine pour l’installation de ces ordres mendiants.

Frontalière du royaume de France et des possessions du roi d’Angleterre, la ville subit ensuite de nombreux sièges. Déjà occupée pendant la Guerre de Cent Ans, Marciac est assiégée à deux reprises par les calvinistes au XVIe siècle, ce qui endommage voire détruit ses édifices religieux.

Toutefois, la chapelle Notre-Dame de la Croix est érigée en octobre 1654, suite à une apparition de la Vierge à une jeune paysanne de Marciac, qui lui aurait demandé de construire cet édifice dans le but d’arrêter l’épidémie de peste qui sévissait alors dans toute la Gascogne.

De la bastide au jazz :

Le plan de la ville a peu évolué au fil des siècles comme le prouvent un plan daté de 1789 et le tracé actuel de la ville. Cependant, les fortifications de l’ancienne ville neuve, jusque-là bien conservées, sont démantelées après 1789.

La chapelle Notre-Dame, ravagée lors de la Révolution française et réaménagée au début du XIXe siècle, est finalement rasée en 1879 et reconstruite selon un plan s’inspirant d’une chapelle romane. L’église Notre-Dame, quant à elle, a fait l’objet d’une restauration au XIXe siècle, lui permettant de retrouver son aspect originel. Sa flèche actuelle a été rebâtie en 1865, après sa destruction par la foudre.

Aujourd’hui, la commune est connue grâce à son festival Jazz in Marciac. Créé en 1978, il réunit les plus grands jazzmen internationaux et a permis à la ville de devenir l’un des hauts lieux de la musique jazz.

informations pratiques :


[1] Dubourg (Jacques), Histoire des bastides, Les villes neuves du Moyen Âge, Editions Sud-Ouest, Luçon, 2002.

[2] Lauret (Alain), Malebranche (Raymond), Séraphin (Gilles), Bastides, villes nouvelles du Moyen Age, Editions Milan, Toulouse, 1888.