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Albi, une cité d'exception

Tout de pourpre vêtue, Albi a rejoint au patrimoine de l’UNESCO le Canal du Midi, le Cirque de Gavarnie, Conques et la basilique Saint-Sernin de Toulouse : autant de sites dont la notoriété participe au rayonnement de la région. Avec l’un des secteurs sauvegardés les plus anciens de France, Albi a su conserver tous les charmes d’une cité médiévale.

14 août 2014
Auteur : Roland Chabbert, Juliette Galvan

De la cité gallo-romaine aux cathares

La « civitas albigensium » mentionnée à l’époque gallo-romaine demeure longtemps une cité gauloise dont le port, propice aux échanges, assure la prospérité. L’oppidum ruthène, protégé de murailles tente de résister aux invasions wisigothiques et franques mais le Pont Vieux, construit sur le Tarn, dans la première moitié du XIe siècle (vers 1035) est à l’origine du développement urbain de la cité. A cette époque, Albi est dans le fief de la famille des Trencavel. Cité prospère, propice aux échanges et aux idées nouvelles, Albi voit son nom intimement associé à l’hérésie cathare.

Albi donne son nom à la croisade contre les Albigeois (1209-1229), proclamée par l’Eglise catholique. Elle demeure pourtant le symbole du triomphe de la foi chrétienne comme en témoigne encore la cité épiscopale. La cathédrale Sainte-Cécile et le palais de la Berbie sont encore les vestiges monumentaux de la puissance épiscopale, pilote de l’inquisition qui domine la cité jusqu’à l’époque révolutionnaire. L’église Saint-Salvy, plus secrète, est enserrée avec son cloître dans un écrin urbain mais témoigne de l’épaisseur historique d’Albi.

Une ville prospère à l’époque moderne

A la fin du XVe siècle, la ville d’Albi connaît une prospérité sans précédent. Dans la cathédrale, l’édification du jubé et la mise en œuvre du jugement dernier restent l’emblème du mécénat de l’évêque Louis 1er d’Amboise, ambassadeur de France à Rome, conseiller du roi Louis XI et Lieutenant général de la province du Languedoc.

La réalisation des fresques qui ornent les voûtes et les murs de la cathédrale, commanditée par l’évêque Louis 2 d’Amboise, est l’œuvre d’artistes italiens (1509-1520), contemporains de Léonard de Vinci, qui travaillent à Albi alors que se développe le commerce du pastel.

Au cœur du pays de Cocagne, Albi voit s’ériger de nombreux hôtels particuliers, témoins de l’opulence de la cité : la maison Enjalbert, l’hôtel de Reynes ou l’hôtel de Gorsse en sont les exemples les plus emblématiques.

Malgré le déclin économique que connaît la ville au cours du XVIIe siècle, Albi demeure une cité dynamique dont l’activité se diversifie (tannerie, tissage, verrerie, briqueterie…). Au siècle des lumières, la ville prépare sa mutation. Ville natale de Jean-François Galaup de Lapérouse (château du Gô), de Rochegude, son urbanisme est profondément transformé à l’initiative du cardinal de Choiseul qui commande en 1778 à l’ingénieur Larroche un plan digne de la troisième ville du Languedoc après Toulouse et Narbonne. On commence par construire les promenades sur les anciennes lices, en attendant le pont neuf ; on aménage le jardin Choiseul (national), le quai Choiseul et on assiste à la disparition des maisons construites sur le pont Vieux.

De la Préfecture à l’Unesco

Ville catholique, fidèle au régime monarchique, Albi perd un temps son rôle moteur au profit de Castres, promue chef-lieu du nouveau département du Tarn en 1790. Toutefois, Albi ville redevient chef-lieu dès 1797. Le couvent des Carmes devient l'actuel palais de justice, celui des Cordeliers est transformé en prison tandis que le Palais de Berbie devient le siège de l'administration départementale.

A la même époque, le marquis de Solages, œuvre à l'une des premières extractions industrielles de charbon en France. Il obtient l'autorisation de construire une ligne de chemin de fer (1864) et initie l’industrie verrière, plus connue sous l’appellation verrerie ouvrière d’Albi dès 1896 à l’initiative de Jean Jaurès.

Ville natale d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Albi entre tranquillement dans le XXe siècle. Le marché couvert témoigne encore de l’architecture de cette époque. En 1922, grâce au don de la Comtesse de Toulouse-Lautrec, soucieuse de montrer l’original talent de son fils, Albi ouvre un musée entièrement consacré aux œuvres de l’artiste.

On envisage un temps (dans les années 1960) de raser son centre ancien pour en faire un quartier moderne au pied de la cathédrale et de l’ancien palais épiscopal mais sous la pression de ses habitants, il est préféré d’engager un plan de sauvegarde et de mise en valeur du Vieil Albi.

L’impressionnant chantier d’embellissement du centre ancien engagé à Albi depuis 2007 participe de l’amélioration des infrastructures d’accueil et de la valorisation du patrimoine. Il a su préserver l’intégrité du paysage urbain, sa cohérence chromatique tout en l’inscrivant dans une dynamique résolument moderne. La préservation du patrimoine, son étude et sa sauvegarde sont une condition essentielle pour qu’Albi demeure la cité d’exception qui lui a valu son inscription à l’UNESCO en 2010.

Informations pratiques :