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Cordes-sur-Ciel, Grand Site de Midi-Pyrénées

Profitant d'une situation géographique avantageuse et d'un patrimoine architectural remarquable, Cordes-sur-Ciel est une des villes médiévales les plus emblématiques de Midi-Pyrénées.

07 août 2014
Auteur : Juliette Galvan

Une ville neuve perchée dans les nuages

Dominant la vallée du Cérou, la cité de Cordes se dresse sur le sommet et les versants d’un piton rocheux : le « puech de Mordagne ». Sa situation géographique, au carrefour du Quercy, du Rouergue et de l'Albigeois, explique la fondation de ce bourg castral par Raymond VII, entre 1211 et 1222. Il s’agit pour le comte de Toulouse d’asseoir son pouvoir en Nord Albigeois et de créer un centre de peuplement à vocation marchande[1].

Le nom de Cordes a évolué au fil du temps. Dans la charte de coutume de 1222, le bourg est nommé « Cordoa ». Il est possible que le comte de Toulouse ait nommé ainsi la ville pour faire référence à Cordoue (Cordoba), première capitale, au VIIIe siècle, du territoire espagnol Al Andalous, qui connaitra son apogée culturel au Xe siècle.

Cordes a longtemps été assimilée à une bastide en raison de son urbanisme régulier et de sa forte vocation marchande. Pourtant, le bourg doit être identifié comme un "castelnau" ou un "castrum novum". Après le traité de Meaux – Paris[2] en 1229, Raymond VII va multiplier les créations de bastides en Albigeois, Agenais, Quercy et Rouergue afin de relever son autorité sur la seule partie du comté encore en son pouvoir.

L’âge d’or de la cité marchande

A partir du milieu du XIIIe siècle, le bourg atteint une phase de grande prospérité économique liée à la réussite de son marché, doté d’une grande halle de vingt-quatre piliers en pierre. Cordes constitue un modèle d’urbanisme pour les futures bastides : elle dessine un plan relativement régulier et se structure autour de la place du marché et d’un axe principal, la Grande-Rue. La ville déborde alors de ses premiers remparts ; quatre nouvelles enceintes sont construites ainsi que des faubourgs et lotissements, à l’extérieur du castrum. La ville compte alors autant d’habitants qu’Albi (6000).

Cette prospérité se traduit dans l’évolution du paysage. De nombreux chantiers de construction sont lancés : nouvelle église paroissiale (Saint-Michel), nombreux hôtels particuliers, etc. Les Maisons du Grand Ecuyer, du Grand Veneur ou du Grand Fauconnier témoignent de la fortune des marchands et bourgeois de la ville dans le commerce des tissus et des cuirs. Ces riches demeures, construites dans la seconde moitié du XIIIe siècle, présentent des traits architecturaux communs : un rez-de-chaussée à arcades et commerce et un premier étage de fenêtres ornées, reliées les unes aux autres par des bandeaux[3].

La renaissance de la cité, devenue Cordes-sur-Ciel

La prospérité économique de la cité est interrompue pendant les guerres de religion. Il faudra attendre les années 1870 pour que l’industrie de la broderie mécanique, rapportée de Saint-Gall, en Suisse, donne un nouveau souffle économique à la cité.

A partir du XXe siècle, Cordes va également connaitre un renouveau artistique. De nombreux artistes et artisans d’art, autour du peintre Yves Brayer, sont attirés par la cité et fondent alors ce que l’on nomme l’Académie de Cordes. Parmi eux, se trouve une écrivaine et poétesse locale, Jeanne Ramel-Cals. Elle invente le nom de « Cordes-sur-Ciel » en 1947 ; le village évoquant la mer de nuages qui entoure le puech à l'automne et au printemps. Le nom de la commune est changé officiellement en 1993.

Cordes-sur-Ciel est toujours une ville d’artistes, qui font la réputation et la vie de la cité : ateliers de peintres, sculpteurs, céramistes, émailleurs, etc. Elle abrite le musée d’art et d'histoire Charles Portal et le musée d’art moderne et contemporain Yves Brayer, dans l’ancienne Maison du Grand Fauconnier. On peut aussi y découvrir des créations contemporaines de jardins dits « jardins du paradis ».

Le festival de musique de chambre classique et contemporaine, Musiques sur Ciel, a lieu à Cordes-sur-Ciel depuis 43 ans : compositeurs en résidence, concerts de musique de chambre, master classe… Des moments d’échanges entre jeunes et grands compositeurs, mais aussi échanges entre musiciens et luthiers, donnent au festival une notoriété et reconnaissance internationales.

Information pratiques :


1 - Cassan-Pisani (Elodie), Du castrum au fortalicium : évolution du paysage autour de Cordes en Albigeois (XIe – XVIe siècles), Rapport d’étude (2009-2010), Inventaire général Midi-Pyrénées

2 - Le traité de Meaux met fin au conflit albigeois opposant le royaume de France au comté de Toulouse.

3 - Midi-Pyrénées, Encyclopédies du voyage, Gallimard, 2014.