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Le Pic du Midi, Grand Site de Midi-Pyrénées

Situé dans les Pyrénées centrales, à 2 876 mètres d’altitude, le Pic du Midi de Bigorre abrite l’un des observatoires astronomiques les plus performants au monde. Depuis le début des observations scientifiques au XVIIe siècle, le site a subi de nombreuses transformations avec l’adjonction de nouvelles structures, édifices, coupoles abritant des installations scientifiques et techniques innovantes.

12 août 2014
Auteur : Juliette Galvan

Les débuts du pic du Midi comme lieu d’observations scientifiques

Les premiers témoignages écrits sur le Pic du Midi remontent au XVIe siècle. Mais il faut attendre la fin du XVIIe siècle et les herborisations de Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) pour que commence réellement la recherche scientifique au Pic.

François de Plantade (1670-1741) effectue plusieurs ascensions du sommet. Il y étudie pour la première fois par une approche scientifique la couronne solaire lors de l'éclipse de 1706. Le sommet du Pic du Midi devient alors un lieu d’observations astronomiques. Parmi les savants du « Siècle des Lumières », Louis-François Ramond de Carbonnières (1755-1827) effectue 35 ascensions du sommet et réalise des travaux de botanique, physique et météorologie[1].

En 1852, afin d’héberger touristes et scientifiques, le docteur Arnaud Costallat créé une hôtellerie au col de Sencours, au pied du Pic du Midi. Revendiquant une vocation scientifique importante, ce bâtiment peut être considéré comme le précurseur de l’Observatoire moderne. C’est ici, en 1860, que Maxwell-Lyte a réalisé les premières photographies d'une éclipse solaire. En 1873, la station météo provisoire « Plantade » y est aménagée par le général Champion de Nansouty (1815- 1895) afin de mesurer la pression, la température et l’humidité. Grâce à cette installation, il a pu prévoir, en 1875, la plus haute crue connue à ce jour et avertir à temps les habitants de la vallée de Campan située à proximité.

Le pic du Midi, un lieu de sciences reconnu

De nombreux savants ont contribué à faire du pic du Midi un lieu scientifique reconnu. Pour ce faire, l’ensemble du sommet a été modelé en un siècle : montagne excavée et tunnels creusés[2]. Les nombreux efforts de ces scientifiques, plus particulièrement de Nansouty et de Célestin-Xavier Vaussenat, aboutissent en 1882 à la création d’un premier observatoire sur le col de Sencours à 2 370 mètres.

L’hôtellerie, également présente sur le col, est peu à peu abandonnée. Elle devient un lieu de dépôt de la Compagnie des hôtels de montagne vers 1930, qui gère la route du Tourmalet, ouverte en 1927. De nos jours, l’hôtellerie est en ruine.

L’observatoire regroupe un éventail très large de recherches scientifiques. Jusqu’en 1908, il n’y a aucune coupole au sommet. Les travaux de la première coupole dite « Baillaud » (nom du directeur de l’observatoire de Toulouse) débutent en 1904. C’est grâce à celle-ci que des astronomes ont pu observer la comète de Halley en 1910.

Dans les années 1930, la géophysique (étude des glaciers, de la radioactivité en montagne, des impacts de la foudre) se développe au sein de l’observatoire du pic du Midi. C’est à cette période que le coronographe (lunette astronomique permettant d’observer la couronne solaire) de Bernard Lyot est installé dans la coupole « Baillaud ». Cet instrument va révolutionner la physique solaire.

Le « nouveau pic »

Les années 1950 – 1970 correspondent à une période d’intense activité scientifique. La coupole dite « Gentili », abritant le premier grand télescope, est installée en 1963. Cet instrument permet des avancées spectaculaires dans le domaine de l’étude de l’astronomie solaire, lunaire et planétaire. Le 23 décembre 1951, le téléphérique est inauguré et remplace avantageusement les six heures de marche nécessaires à l’ascension du sommet.

Dans les années 1950 est également entreprise la construction du bâtiment dit interministériel : il regroupe les services des ministères de la Recherche, des Transports et des Télécommunications. Suite au développement de la télévision, des émetteurs sont ensuite installés sur le Pic du Midi. La silhouette définitive du site est donnée dans les années 1970 grâce à la construction du télescope « Bernard Lyot ». Etant alors le plus grand télescope français, il est doté d’un miroir de deux mètres de diamètre en haut d’une tour de 28 mètres à l’intérieur d’une nouvelle coupole.

Pour assurer sa survie, l’observatoire décide, à la fin des années 1990, de s’ouvrir au public grâce à la création d’un espace muséal et la construction d’un nouveau téléphérique. En parallèle, il reste un des observatoires les plus performants au monde pour l’étude à haute résolution de la surface solaire.

En 2013, le Pic du Midi a été officiellement labellisé « 1ère Réserve Internationale de Ciel Etoilé (RICE) ». Ce label est attribué par l’organisation américaine The International Dark-Sky Association qui lutte contre la pollution lumineuse néfaste à l'observation des étoiles.

Informations pratiques


1 - Sanchez (Jean-Christophe), « La légende des sciences, Le pic du Midi », dans Midi- Pyrénées Patrimoine n° 14, avril / juin 2008

2 - Ibid