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Figeac, Grand Site de Midi-Pyrénées,

Figeac est fondée au IXe siècle par des moines bénédictins qui y ont établi leur abbaye. Située sur un territoire stratégique, elle entraine rapidement le développement de la ville, qui atteint son âge d’or au cours des XIIIe et XIVe siècles.

04 août 2014
Auteur : Juliette Galvan

Aux origines de Figeac : du monastère à la ville

Figeac est implantée sur les bords du Célé, à l’est du département du Lot, à la frontière du Cantal et de l’Aveyron. De nombreux avantages naturels ont permis l’implantation de la ville : une rivière, un sol pouvant accueillir toutes sortes de cultures, une réserve de bois et des carrières de pierre. Ce milieu naturel riche et varié explique, notamment, la rapide croissance de Figeac après sa fondation[1] .

La ville de Figeac est née de l’installation de l’abbaye Saint-Sauveur en 838. Fondé par Pépin Ier d’Aquitaine, ce monastère, était, à l’origine, destiné à accueillir le surplus de moines de l’abbaye-mère de Conques[2]. Suite à un siècle de querelle de pouvoir, entre l’abbaye-mère de Conques et l’abbaye-fille de Figeac, les conflits cessent, lors du Concile de Nîmes, en 1096, où le pape Urbain II décrète l’indépendance des deux abbayes et le rattachement de Figeac à l’abbaye de Cluny.

A la fin du XIe siècle, les bâtiments monastiques sont rebâtis. De l’édifice primitif, il ne subsiste aujourd’hui que l’abbatiale et la salle capitulaire. Consacrée en 1093, l’église Saint-Sauveur n’est terminée qu’au XIVe siècle. La nef est romane (XIe-XIIe siècle), le transept et le chœur sont gothiques (XIIIe siècle), ainsi que les chapelles latérales de la nef (XIVe siècle)[3] . La salle capitulaire (XIIIe siècle) de l’abbaye conserve un décor de boiseries peintes et sculptées du XVIIe, consacrées à la Passion du Christ . Située sur la Voie du Puy, reliant le Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle, l’abbaye accueille les reliques de saint Vivien et de saint Marcel[4].

À partir du XIIe siècle, la ville de Figeac se développe ; ses limites seront atteintes au XIVe siècle. L’abbaye Saint-Sauveur ainsi que l’église Notre-Dame du Puy[5] forment les deux pôles autour desquels s’est formé la cité. Celle-ci a conservé sa trame urbaine médiévale, caractérisée par des ruelles tortueuses et des petites places.

L’âge d’or et le développement urbain de la cité

Figeac se trouve au carrefour du Quercy, du Rouergue et de l’Auvergne. Cette position a permis l’essor des activités commerciales locales et le développement du commerce international, à partir du XIIIe siècle. Organisés en « société des marchands » et présents sur les grands marchés européens, les figeacois s’enrichissent, grâce à leur activité de banquiers et de transporteurs (draps, vin, épices et bois précieux).

Cette période prospère signe l’âge d’or de Figeac. Le grand élan économique de la ville a des répercussions sur le développement urbain, avec notamment la naissance du quartier Ortabadial et du faubourg du Pin à l'est[6]. Le bâti s’étend le long des grandes voies de communication, avec de nombreuses demeures édifiées au cours des XIIe, XIIIe et XIVe siècles.

Très bien conservées, ces maisons marchandes en pierre constituent un élément emblématique du patrimoine de la ville. Sur la place Champollion, se trouve la plus ancienne construction de la ville : la maison du Griffon. Illustrant l’évolution des styles roman à gothique dans l’architecture civile, elles possèdent des éléments communs, tels que de larges baies en arc brisé, des boutiques en rez-de-chaussée et des décors sculptés autour des fenêtres des étages[7].

L’église Notre-Dame-du-Puy, située en hauteur sur la colline du Puy[8], est reconstruite au XIIIe siècle puis agrandie au XIVe (chapelles funéraires et façade). Elle est la plus grande église paroissiale à une époque où la ville en comptait quatre.

Aux XIIIe et XIVe siècles, la ville sort de ses remparts et accueille les quatre ordres mendiants dans ses faubourgs : Dominicains, Augustins, Carmes, Cordeliers. Ces installations témoignent de la prospérité de la ville.

La fin de l’âge d’or médiéval et le renouveau de Figeac

La peste et la guerre de Cent Ans marquent la fin de l’âge d’or de Figeac. La ville devient protestante de 1576 à 1622, conduisant à la construction d'une citadelle protestante, qui englobe l’église Notre-Dame du Puy. Les quartiers, qui la bordent sont rasés. Démolie en partie par les catholiques en 1622, l’église est reconstruite par le prêtre Antoine de Laborie au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. L’installation d’un retable monumental dédié à la Vierge en 1696 marque la fin des travaux.

A la Révolution, les établissements religieux, qui étaient jusque-alors des repères dans l'organisation urbaine, disparaissent progressivement. Des quatre églises paroissiales, des cinq couvents et de l'abbaye, il ne subsiste que Notre-Dame-du-Puy, l'église des Carmes et l'abbatiale Saint-Sauveur[9].

Les XVIIIe et XIXe siècles sont marqués par de grands chantiers urbains et la ville commence alors à sortir de ses anciennes limites médiévales. En 1986, est mis en place un secteur sauvegardé qui englobe le périmètre de la ville médiévale, deux faubourgs ainsi que les berges du Célé.

Depuis 1990, Figeac appartient au réseau des Villes d’Art et d’Histoire. La pierre de rosette sur la place des Écritures est l’œuvre de Joseph Kosuth Ex Libris J.-F. Champollion. Réalisée en 1990, elle présente les trois écritures de la pierre de Rosette (hiéroglyphes, démotique et grec).

Le Musée Champollion – Les écritures du monde, restructuré et inauguré en 2007[10], dans la maison natale du Jean-François Champollion, s’inscrit dans l’œuvre du célèbre déchiffreur et dans la fabuleuse aventure des écritures, commencée il y a plus de 5 000 ans.

Le Grand Figeac propose une politique culturelle dynamique en matière de lecture publique, de cinéma et de spectacle vivant, à travers le Festival de théâtre de Figeac. L'événement investit le centre-ville avec des lectures publiques, des spectacles en plein air, des conférences, etc, dans divers lieux publics comme privés.

Informations pratiques :


1 - Napoleone (Anne-Laure), Figeac au Moyen-âge, thèse dirigée par Madame le Professeur Michèle Pradalier-Schlumberger, Université de Toulouse-Le Mirail, 1993.

2 - Napoleone (Anne-Laure), « Urbanisme et architecture civile à Figeac au Moyen-âge », dans Annales des Xe Rencontres Archéologiques de Saint-Céré, Alvignac, 2002.

3 - Notice église Saint-Sauveur de Figeac

4 - Midi-Pyrénées, Encyclopédies du voyage, Gallimard, 2014.

5 - Une première église est édifiée à Figeac à une époque indéterminée (antérieure au XIIe siècle).

6 - Notice Secteur Sauvegardé de Figeac.

7 - Les patrimoines de France, Encyclopédies du voyage, Gallimard, 2009.

8 - Puy, Pog, Pech, Puech, Puch : mots issus de l’occitan signifiant sommet, hauteur, lieu élevé. L’étymologie fait aussi remonter ce mot au latin « podiu » (qui a donné podium).

9 - Notice Secteur Sauvegardé de Figeac.

10 - Alain Moati est l’architecte de la restructuration.