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La Bastide-l’Evêque : fondation épiscopale et martinaires

Dominant les gorges de l’Aveyron la Bastide-L’Evêque fut fondée en 1280 par l’évêque de Rodez. Son histoire et son économie étaient étroitement liées à l’activité des martinets.

22 octobre 2013
Auteur : Christophe Evrard

Fondation d’une bastide en 1280

Sur un plateau granitique et boisé qui domine les gorges de l’Aveyron et du Lézert, à proximité de gisements argentifères exploités depuis l’Antiquité romaine, l’évêque de Rodez Raymond de Calmont entreprend en 1280 la fondation d’une bastide.

Une bastide isolée géographiquement

Bien que dotée d’une charte de coutumes (privilèges) mais isolée géographiquement, la bastide que domine l’église Saint Jean-Baptiste (14e siècle) ne connaît pas l’essor espéré et reste à l’état d’embryon urbanistique en raison de la trop grande proximité de sa puissante voisine Villefranche-de-Rouergue.

Une économie basée sur l’activité des martinets

L’économie du village fut étroitement liée à l’activité des martinets qui bordaient l’Aveyron et le Lézert du 14e jusqu’à la fin du 19e siècle. L’un de ceux-ci, le martinet de la Ramonde, a été restauré donnant à voir et à comprendre la technique de battage du cuivre. Le métal, issu de lingots ou de cuivre de récupération, était fondu et transformé en pastels dans une forge puis battu par un marteau-pilon afin de réaliser des chaudrons. Ceux-ci étaient ensuite acheminés à Villefranche-de-Rouergue afin d’être ébarbés, sertis d’une anse et ornés de motifs au poinçon par des peyroliers ou des dinandiers, puis vendus par des négociants. Les familles Imbert (Dardenne), Patras et de Colonges, qui semblent avoir été les plus influentes, en partageaient le monopole. L’un de ces négociants, Jean Patras, propriétaire du martinet de la Ramonde, fut à l’origine de la construction du château de Réquista, bâti dès 1538 à proximité de la bastide, modifié et agrandi au 17e siècle.

Le site du Cayla, un point de péage pour l’acheminement des marchandises

Non loin de là, le site du Cayla, petit fief seigneurial dont subsistent une tour circulaire et quelques maisons, domine les gorges de l’Aveyron qu’enjambe un pont de pierre en dos d’âne qui servait de péage. Celui-ci desservait une route gallo-romaine qui reliait Rodez (Segodunum) et Cahors (Divona), le long de laquelle étaient acheminé minerai d’argent, bétail et marchandises.