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L’Hôtel des Postes de Rodez

Installé antérieurement place d’Armes dans l’ancien Hôtel du Midi (aujourd’hui Trésorerie Générale), l’Hôtel des Postes est érigé à l’emplacement de l’école Gally.

18 février 2015
Auteur : Marion David

L’architecte

Né en 1870 à Montpellier, Edmond Leenhardt s’impose très vite comme l’architecte officiel de la bourgeoisie protestante montpelliéraine. Il réalise pour celle-ci de somptueuses villas, mais il construira avec autant de soin les premières «Habitations Bon Marché» de Montpellier pour des familles plus modestes. Son domaine d’exercice est très vaste : caves coopératives, cliniques, bâtiments d’enseignement, monuments, mobilier, ferronnerie d’art... Toutes ses réalisations témoignent d’une œuvre ou l’exigence de la qualité à toutes les échelles du projet est une constante.
Toitures aux débords de charpente soulignées par de larges frises, emploi de mœllons de pierre pour la construction, ouvertures aux encadrements ornementés, caractérisent l’œuvre de cet architecte. Devenu architecte des Postes et Télégraphes en 1923, il assure l’entretien et la construction des hôtels des postes : Montpellier, Castelnaudary, Perpignan, Nîmes…. Et Rodez dont il dresse les plans en 1936.

Le projet architectural

L’objectif est de réaliser un bâtiment répondant aux exigences de modernisation du service postal. Outre les espaces d’accueil du public et de traitement du courrier, télégrammes et télégraphes, le bâtiment abrite des appartements pour le directeur départemental, le receveur et le caissier, les deux premiers disposants d’un balcon au-dessus de la porte d’entrée. Après concertation avec l’architecte départemental André Boyer, Leenhardt prévoit une construction en béton avec un revêtement de 20 cm de grès rouge de Cayssiac scellé par des agrafes de cuivre rouge fixées dans l’ossature en ciment armé, afin de s’harmoniser avec l’ancienne chapelle des Jésuites toute proche. Pour parachever la décoration des ouvertures, les grilles des fenêtres et portes en fer forgé sont ornées de médaillons avec le monogramme « PTT », sigle officialisé en 1925.

Le panneau décoratif

Dès les premières ébauches, Leenhardt prévoit de décorer la façade d’une enseigne de marbre blanc gravée « télégraphe – poste – téléphone ». Marc Robert, sculpteur ruthénois réalise une maquette en août 1938, qui évoque des travaux d’Alfred Janniot pour l’exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 et l’exposition Coloniale de 1931. La décoration du panneau est une nouvelle fois reportée après le décès du maître-artisan chargé de la reproduction de la maquette de Marc Robert. C’est seulement en 1943 que Paul Guéry, sculpteur montpelliérain, grand prix de Rome, reproduit la maquette in situ.

De part et d’autre du globe, hommes, femme et animaux représentent les différents continents. Un amérindien avec sa coiffe et une femme vêtue à l’antique, figurant l’Europe, tiennent chacun un combiné de téléphone. Le pont reliant les Hommes, s’achevant en rameau, rehaussé de la courbe du mot « Postes » ajoute à cette allégorie de la paix entre les peuples.
Le décor évoque également la modernisation des moyens de transport du courrier, avec le paquebot-poste à gauche (exploité depuis 1835), le chemin de fer à droite (depuis 1873) et l’avion en survol (à partir de 1912).
On peut noter la singularité d’une telle réalisation en 1943, dont l’iconographie reste inchangée, malgré le contexte international de la Seconde guerre mondiale.