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Sent Líser : Site Màger Miègjorn-Pirenèus

Pour rappeler l’héritage occitan du lieu, selon l’opportunité, nous avons retrouvé un conte, une chanson, un élément de la civilisation occitane. Issue d’une histoire populaire, liée à un objet patrimonial, la fenêtre qui s’ouvre depuis Saint-Lizier, dans le département de l’Ariège, sur la légende sanglante des sabots de Bethmale, évoque un souvenir de l’Occitanie.

10 septembre 2014
Auteur : Marine Bordenave

" Agaita plan aquò,
catin, e que servisca de leiçon"

"Regardez bien, filles infidèles ! Que cela vous serve de leçon !"

Une légende de la vallée de Bethmale émanant de la production de sabots en bois

Cette phrase est extraite d’une légende de la vallée de Bethmale. Elle émane d’un savoir-faire traditionnel : la production de sabots en bois.

La légende commence par l’invasion du sud de la France par les Maures au IXe siècle. Ils occupent la vallée de Bethmale sous la conduite de leur chef Boabdil. Le fils du chef s'éprend de la plus jolie fille de la vallée, Esclarlys. Celle-ci, déjà fiancée à un berger, Darnet, mais sensible aux charmes du jeune maure, délaisse son premier prétendant. Le jeune pâtre choisit donc de se retirer dans la montagne afin de méditer sa vengeance en compagnie d’autres bergers éconduits. Darnet choisit deux noyers dans lesquels il creuse des sabots (esclops) à la pointe longue et effilée.

Fin prêts, les bergers regagnent la vallée et combattent les Maures afin de rétablir leur honneur bafoué. Après leur victoire, Darnet défila dans les rues du village avec ses sabots au pied sur les pointes desquels étaient plantés les cœurs du Maure et de sa fiancée infidèle. Il se serait alors écrié : « Aouito pla aco, catin ! E qué servichio dé léçoun ! » (Regardez bien, filles infidèles ! Que cela vous serve de leçon !).

Depuis ce jour, le soir de Noël, le fiancé offre à sa bien-aimée une paire de ces sabots habillés de cuir et richement décorés de clous dorés formant un cœur en bas de la pointe. La taille de la pointe témoigne de la grandeur de l’amour. En retour, la fiancée bethmalaise offre un tricot de laine brodé de velours ainsi qu’une bourse ornée de rubans, de paillettes ou de jais.

Ce savoir-faire est valorisé au musée de Saint-Lizier dans l’ancien Palais des Evêques.