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La ville neuve de Marciac

Suite à l’installation progressive des souverains capétiens sur les anciens territoires du comte de Toulouse, de nombreuses villes neuves sont créées dans le sud-ouest de la France au cours des XIIIe et XIVe siècles. Ces centres de peuplement et d’échanges commerciaux, appelés bastides, se sont ainsi organisés à des fins politiques, économiques et stratégiques, selon un urbanisme très planifié[1].

05 mai 2014
Auteur : Juliette Galvan

La création de la ville neuve de Marciac :

Les rois de France, entrés en possession de l’ensemble du comté de Toulouse en 1272, laissent le soin à leurs sénéchaux de poursuivre leur entreprise de création de villes nouvelles, sous les règnes des derniers capétiens Philippe III le Hardi, Philippe IV le Bel, Louis X, Philippe V, Charles IV puis des derniers Valois. Ces dernières naissent majoritairement dans des zones boisées ou marécageuses, ce qui est le cas de Marciac, créée afin de lutter contre l’insécurité régnant dans les forêts environnantes tout en exploitant les richesses de ce territoire.

Sur leurs frontières gasconnes, les sénéchaux du roi de France créent de nombreuses villes neuves, dites bastides, dont Mirande, Fleurance, Trie-sur-Baise ou Marciac. Le Gers a été pendant longtemps le département le plus peuplé de la Gascogne. Les nombreuses bastides créées sur son territoire au cours du Moyen Âge ont sans doute été à l’origine de ce phénomène.

La ville neuve de Marciac est fondée dans ce contexte en 1298 à l’initiative du roi de France Philippe IV le Bel, souhaitant affirmer son autorité sur ce territoire nouvellement conquis. Mais n’étant pas le propriétaire du lieu, un acte de paréage a dû être conclu avec les possesseurs des terrains : l’abbé de la Case-Dieu et Arnaud-Guilhem III de Montlezun seigneur de Pardiac. Cette fondation donne lieu à l'établissement de coutumes dont la rédaction a servi d'exemple à celles d'autres villes jusqu'en 1325.

Le paysage de la ville neuve de Marciac :

Construite sur le modèle dit gascon, la bastide de Marciac suit un tracé géométrique parfait : de sa vaste place centrale rectangulaire part un quadrillage de rues et ruelles dans le but de faciliter la circulation et l’attribution de lots égaux à bâtir et à cultiver.

Au sein de cet assemblage d’îlots rectangulaires, l’église Notre-Dame de l’Assomption possède un caractère monumental très fortement affirmé puisque toute une parcelle lui a été réservée. De plus, elle est séparée de la place centrale et se trouve à un îlot d’intervalle de celle-ci.

Le cœur de la bastide est situé sur sa place rectangulaire à arcades, lieu des échanges. Conçue à l’origine pour accueillir une garnison militaire, elle est la plus vaste de la région (130 mètres sur 75).Tous les mercredis s’y tenait le marché hebdomadaire, fixé par les coutumes. Celui-ci, moteur économique de la cité, était abrité par une halle en bois. Cette solution architecturale était la plus simple et la plus économique. La place était alors divisée en deux parties : les marchands de légumes et volailles à l’intérieur, sous la halle et ceux de gros bestiaux à l’extérieur.

Assistant à une permanence de ces pratiques jusqu’à aujourd’hui, le centre de gravité de la ville est toujours sa place à arcades, où est accueilli encore de nos jours le marché hebdomadaire le mercredi. La Maison du Roi, actuel hôtel de ville et la maison Guichard, siège de l’office de tourisme la jouxtent.


[1] Lauret (Alain), Malebranche (Raymond), Séraphin (Gilles), Bastides, villes nouvelles du Moyen Age, Editions Milan, Toulouse, 1988.