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Le village de Leychert

A la découverte du village de Leychert, de son histoire, de son église

29 mars 2013
Auteur : Catherine Robin

Leychert : une situation de frontière

Leychert est mentionné, à l’instar de plusieurs villages, pendant la période cathare. « J’ai vu Pierre Calvet de Leychert, près de Roquefixade et Pierre Cervel du même [castrum] venir plusieurs fois à Montségur avec des parfaits... » Déposition d’Arnaud Roger de Mirepoix devant l’Inquisition, 1244. Après la croisade, tandis que la terre de Mirepoix tombe aux mains de la famille de Lévis, le comte de Foix parvient à maintenir sa seigneurie. Roquefixade, dont le détenteur avait fait allégeance au comte de Toulouse, devient, elle, une enclave royale. Leychert, qui lui appartient, se trouve ainsi en zone frontalière. Le lieu-dit actuel « les trois bornes », entre L’Herm, Roquefort-les-Cascades et Leychert, renvoie d’ailleurs à la limite historique entre le comté de Foix, la Terre de Mirepoix, et la châtellenie de Roquefixade.

L’église Sainte-Anne

Le plan est simple : nef unique de quatre travées, chapelle au sud et chevet plat. Attribuée au XVe siècle, elle possède toutefois des éléments postérieurs comme l’original clocheton, la sacristie du XVIIe siècle ou encore le porche de pierres taillées en bossage de 1781.

Le retable

La pièce majeure est incontestablement le retable en bois doré du XVIIe siècle classé au titre des objets mobiliers en 1961. Connu dès le XIesiècle, le retable se généralise dans le contexte de la Contre-Réforme. Se positionnant contre le développement du protestantisme, le concile de Trente, qui s’est tenu en Italie de 1545 à 1563, réaffirme en effet l’importance des images, la magnificence du culte de Dieu et de ses saints et la place centrale de l’eucharistie. L’officiant devant maintenant être dos aux fidèles, le retable, vers lequel tous les regards sont tournés, magnifie la célébration de la messe.

Le décor

Quatre colonnes torses délimitent ici deux niches abritant les sculptures, qui, malgré le manque d’attribut, sont dites être celles d’Anne et de Joachim. La partie centrale comporte une Crucifixion. Au sommet, Dieu émerge d’un fronton les bras tendus vers son fils. Entre les deux, une colombe complète la Trinité.

Le fait qu’il n’y ait aucun espace en haut et que les parties latérales soient coupées donne le sentiment que le retable n’a pas été originellement prévu pour cet emplacement mais y a été encastré.

Attribué à l’école toulousaine, son style est typique de l’art baroque du XVIIe siècle : têtes d’angelots, coquilles, nuées au-dessus de saint Jean et de Marie, vêtements flottants dans le vent, émotions des visages… La qualité d’exécution de ce mobilier est remarquable. Le sculpteur va jusqu’à parsemer certains vêtements de petites fleurs de lys.

Sur la voûte du chœur figurent les peintures des quatre évangélistes. La proximité du décor avec celui des églises de Péreille, Dreuilhe et surtout Saint-Jean-du-Falga où existe une signature, permet, malgré les remaniements, de les attribuer à l’artiste du XVIIe siècle Jean Soun. Les têtes d’anges aux ailes déployées au-dessous en forme de pointe sont caractéristiques.