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Les peintures murales romanes découvertes dans l’église d’Ourjout en Ariège

C’est à l’occasion de la restauration du retable classé de la petite église d’Ourjout et de la dépose de sa partie supérieure qu’on été mises au jour les peintures monumentales du mur de l’abside. Devant l’importante de cette découverte, le Service Territorial de l’Architecture du Patrimoine de l’Ariège s’est démené durant l’été 2012 pour que le retable soit déposé afin que l’on puisse découvrir et étudier la totalité de ce décor.

11 décembre 2012
Auteur : Sylvie Decottignies

La découverte des peintures

L’ensemble pictural est alors dégagé du badigeon qui le recouvrait en partie et un ensemble roman exceptionnel apparaît de part et d’autre des trois baies dont deux d’entre elles ont été agrandies postérieurement faisant disparaître une partie du décor.

Les peintures, peu usées, sont certainement exécutées en grande partie à fresque avec des finitions à sec, mais seule une analyse de la couche picturale pourra nous le confirmer.

Une iconographie catalane ?

Dans le registre supérieur, le plus étendu, se déploie une suite de grands personnages, présentés de face sous une architecture imaginaire. Ils se détachent sur des bandes horizontales de couleurs soutenues et semblent ainsi suspendus dans un espace dématérialisé. Identifiables par les inscriptions qui les entourent, les apôtres : Barthélemy, Paul (?), Pierre, André et Jacques, sont représentés à des âges différents avec un rouleau dans la main ou des attributs comme saint Pierre tenant ses clés. La partie basse de ce registre est décorée d’une large bande faite de médaillons dans lesquels s’inscrivent des signes du zodiaque : le verseau (?), le lion, le scorpion, le cancer et la balance. Ce curieux cycle profane est aussi visible à San Pere de Sorpe en catalogne. Ces peintures sont aussi remarquables par la richesse et la variété des thèmes décoratifs employés que l’on retrouve à Taüll par exemple.

Vers une étude de cet ensemble exceptionnel

Dans un premier temps, il semble déjà évident de rattacher cet ensemble à la sphère de production picturale catalane et plus particulièrement aux peintures de Santa Maria de Taüll qui sont datables du 1er quart du XIIe siècle. On ne peut que souhaiter qu’avant de poursuivre tout travaux de restauration il soit programmé une étude approfondie réunissant les différents spécialistes transfrontaliers afin de replacer cette découverte exceptionnelle au sein du corpus restreint des peintures romanes pyrénéennes.