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Mai 1916

Le 17 mai 1916, un nouvel avion de chasse français développé par Gustave Delage (société Nieuport) est mis en service, le Nieuport 17. Le général Joseph Galliéni, ministre de la Guerre jusqu’à sa démission le 10 mars 1916, décède le 27 mai. Originaire de l’actuelle région Occitanie, il est né à Saint-Béat (Haute-Garonne) le 24 avril 1849. Il reçoit des funérailles nationales et sera élevé maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1921.

19 diciembre 2017
Por: Patrick Roques

Agriculture

Les permissions agricoles accordées aux soldats pour fenaisons étant nombreuses, les autorités soupçonnent les abus de certains maires. Pour éviter tout certificat de complaisance, les ministres de la Guerre et de l’Agriculture décident que ces documents devront être contresignés par le vice-président du comité d’action agricole. Les listes établies en mairies seront ensuite envoyées chaque semaine aux préfets qui les adresseront à l’officier membre de la commission départementale de la main d’œuvre agricole. Les brigades de gendarmerie locales sont chargées des contrôles.
Pour rentrer plus rapidement les récoltes, une main-d’œuvre étrangère composée d’ouvriers annamites ou d’ouvriers agricoles "indigènes de l’Afrique du Nord", est mise à disposition des départements comme dans le Gers ou le Tarn-et-Garonne.
L’État encourage également la motoculture et les essais concluants qui se sont déroulés en Haute-Garonne incitent à la création, début mai, du syndicat d’encouragement de motoculture du département. Malheureusement la formation ne suit probablement pas car les accidents de machine agricole se multiplient comme à Vic-Fezensac (Gers) le 25 mai.
Toujours dans le but "d’augmenter et d’améliorer l’alimentation des familles modestes en même temps que celle de nos soldats", le ministre de l’Agriculture demande aux préfets de développer les jardins et les petits élevages (volailles, lapins, porcs et chèvres) en s’appuyant sur les comités d’action agricole, les sociétés et les syndicats agricoles.


Culture

Toulouse abrite depuis août 1914 les collections nationales composées de sculptures, tapisseries, meubles, dessins… Aussi, les autorités décident-elles d’en exposer une partie dans la grande salle du musée des Augustins, rue d’Alsace.
C’est également à Toulouse, au théâtre des Nouveautés, que le grand chanteur français Paul Dalbret (1876-1927) organise un spectacle pour les blessés et convalescents des hôpitaux de la ville. Gazé en 1915, l’artiste est depuis réformé définitivement.


Économie

L’impôt sur le revenu étant prélevé pour la première fois, le Tarn-et-Garonne indique le 23 mai qu’il concerne 355 déclarants dans le département pour un total de 3 983 755 F et 666 déclarants pour un revenu inférieur au taux imposable.
Quant à la fixation des prix de certains produits, l’État informe des raisons de sa décision : réprimer les spéculations illicites ayant pour but de fausser les cours, ramener les bénéfices à un taux normal et remédier soit par voie de réquisition soit par des achats à l’amiable aux dissimulations de marchandises ou aux insuffisances constatées dans l’approvisionnement des communes. Par exemple, les avoines grises ou noires de bonne qualité sont au prix unique de 31 F par 100 kg sur l’ensemble du territoire. Parfois, les prix sont décidés localement : le préfet de l’Aude fixe ceux du pétrole à 39 F l’hl et de l’essence à 64,50 F l’hl alors qu’à Rodez, le pétrole coûte 40,75 F et l’essence 68 F l’hl.


Événement

Madame Dieulafoy, exploratrice, anthropologue, femme de lettres, décède le 25 mai 1916 à Pompertuzat (31) : Jeanne-Paule-Henriette-Rachel Magre, épouse Dieulafoy, née à Toulouse le 29 juin 1851, s’était mariée avec Marcel Dieulafoy le 11 mai 1870. Elle avait alors participé aux campagnes archéologiques en France de son mari. C’est depuis cette époque qu’elle revêtait le costume masculin, avec l’autorisation exceptionnelle de la préfecture de Paris. Puis elle avait visité la côte marocaine, l’Égypte et avait participé aux découvertes entre 1881 et 1886 des palais achéménides de Suse. Ella avait installé au Louvre les salles qui porteront son nom. Puis elle recevra la Légion d’honneur et se consacrera à l’exploration artistique et archéologique de l’Espagne et du Portugal. En 1914, monsieur Dieulafoy fut envoyé au Maroc comme lieutenant-colonel du génie et elle le suivit. Elle y contracta une maladie qui vient de la terrasser. Son nom est porté sur le monument aux morts de Pompertuzat (31) depuis 1922.
À la fin du mois, un comité s’est constitué à Belfort pour l’érection à Jonchéry (Haut-Rhin) d’un monument au caporal Peugeot, première victime de la guerre, tué dans cette localité par une patrouille allemande le dimanche 2 août 1914 à 10 h, à la veille de la déclaration de guerre. Un appel aux dons est lancé pour un monument qui sera inauguré en 1922.


Blessés et mutilés

Les blessés arrivent toujours en grand nombre dans les hôpitaux de la région. Aussi, les initiatives locales sont-elles nombreuses : le conseil général de l’Ariège décide de louer le château de Bénac pour installer un hôpital destiné à recevoir les militaires tuberculeux. Il vote également la somme de 7 000 F pour créer une annexe à la ferme école de Royat destinée à recevoir à titre gratuit les mutilés de la guerre. À Ondes, une section spéciale de rééducation des militaires agricoles mutilés est accueillie à l’école régionale d’agriculture et dans l’Aveyron, à Saint-Pierre, une école de rééducation pour mutilés est créée au Petit séminaire. Les hôpitaux embauchent en conséquence comme à Albi où des emplois de bureaux, aux cuisines, à la lingerie… sont proposés, aux femmes essentiellement.
Le 25 mai, l’État décide la suppression des centres de chirurgie orthopédique et leur remplacement par de "grands centres" dans lesquels seront réunies toutes les ressources en locaux, matériel et personnel. Ces centres doivent être bien desservis par des voies ferrées et bien placés dans les capitales régionales.


Conseils généraux

Le nouveau pont de la Poudrerie, à Toulouse, conduisant directement du chemin de Lacroix-Falgarde à l’usine de coton-poudre, doit être ouvert mardi 1er mai à la circulation. Suite au développement de ce secteur, il est envisagé le déplacement de l’asile de Baraqueville (plus de 1 200 malades) car les conditions sanitaires ne sont plus respectées.
Autre conséquence, afin d’éviter toute inondation de l’île d’Empalot sur laquelle est située la nouvelle cité de la Poudrerie, le conseil général de la Haute-Garonne envisage de détruire l’actuel Pont-Neuf et l’Hôtel-Dieu à Toulouse ce qui permettrait d’élargir le lit de la Garonne. Un nouveau pont est projeté dans le prolongement de la rue Jean Suau. L’ingénieur département prévient que dans le cas où la démolition n’est pas acceptée, il faudrait prolonger le Pont-Neuf, rive gauche, par une arche "de ciment armé". La société archéologique du Midi de la France proteste car l’ouvrage d’art date de 1632 et est l’œuvre de Nicolas Bachelier et les Toulousains pétitionnent contre le projet d’un coût de 10 millions de francs.
Les conseils généraux tiennent leurs sessions en ce mois de mai et celui de la Haute-Garonne, encore, constate que le nombre d’enfants abandonnés a fortement augmenté cette année : en une journée, 11 ont, par exemple, été recueillis. Il souhaite donc le placement de ces enfants à la campagne pour "remédier aux lacunes de la désertion des campagnes et de la main-d’œuvre agricole".
Celui du Gers crée un service du ravitaillement de la population civile à Auch, chargé de toutes les opérations relatives à l’alimentation. Quelques jours après, il vote un crédit de 2 millions de francs pour l’achat de 60 000 quintaux de blé et décide qu’un stock de 6 000 quintaux sera constitué dans les Magasins Généraux à Auch. Il est imité par celui de l’Ariège qui dépose 5 000 quintaux de farine dans un local à Foix pour pallier les besoins de la population.
Quant au département de l’Aude, ses finances étant exsangues, le conseil général décide qu’il n’augmentera pas le salaire des fonctionnaires. Mais reconnaissant la faiblesse de ces salaires, il décide d’accorder aux agents un congé payé de 15 jours au moment des travaux agricoles.


Prisonniers et évadés

La construction de la ligne de chemin de fer entre Carmaux et Vindrac a pris du retard car le nombre de prisonniers qui travaille a diminué, passant de 1 070 à 750. Certains ont en effet été transférés pour les travaux agricoles. Les autorités rappellent les conditions d’utilisation de la main-d’œuvre des prisonniers : les groupes ne doivent pas être inférieurs à 20 hommes sauf autorisation, ils doivent toujours être réunis dans le même cantonnement, il ne doit pas y avoir de contact dans la mesure du possible avec la population locale, l’alimentation est assurée par l’employeur qui la fournit aussi à la troupe assurant la garde (il est alors remboursé de 1,23 F par homme et par jour). Si le chantier est éloigné du dépôt, le logement, le chauffage, l’éclairage et la nourriture sont à la charge de l’employeur.
Malgré la surveillance étroite dont ils font l’objet, des prisonniers allemands réussissent parfois à s’évader comme les deux qui ont quitté le dépôt de Diors (Indre). Leur évasion a duré 31 jours. Ils sont arrêtés par les gendarmes à Pailhès (Ariège), à 80 km de la frontière espagnole qu’ils voulaient rejoindre.


Soldats

Lors d’annonces de décès aux familles, les nouvelles sont parfois fausses ou bien données très tardivement ou encore annoncées sans ménagement. Aussi "afin d’éviter de déplorables incidents" les préfets rappellent aux maires qu’ils doivent communiquer les décès le plus rapidement possible aux familles en "ayant soin d’entourer ces avis de tous les ménagements que nécessitent les circonstances".
Par ailleurs, afin de faciliter les obligations des familles, le ministre de la Guerre décide que les testaments olographes des soldats seront dorénavant, transmis au président du tribunal du domicile du testateur. Ils étaient, jusqu’à présent, déposés aux seules études notariales parisiennes ce qui obligeait les familles à de longs et coûteux déplacements.

 

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