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Mars 1915

En mars, la lutte contre l’alcoolisme aboutit à la loi du 16 mars 1915 relative à l'interdiction de la fabrication, de la vente en gros et au détail, ainsi que de la circulation de l'absinthe et des liqueurs similaires.
Le 24 mars, le professeur Hyacinthe Vincent met au point le vaccin contre le choléra. Ce médecin en chef du Val-de-Grâce, membre de l’Académie de médecine, a aussi combattu avec succès la fièvre de Malte et les infections à staphylocoques. Il est célèbre par ses travaux qui portent sur le vaccin contre la typhoïde. Grâce à lui, la vaccination T.A.B. est rendue obligatoire depuis mars 1914 dans l’armée et la typhoïde est "en train de disparaître de la zone des armées".

09 març 2015
By: Patrick Roques

L’affaire Desclaux

Depuis le mois de janvier, l’"affaire Desclaux" défraie la chronique. Les perquisitions et les interrogatoires se succèdent, l’enquête avance rapidement et les enquêteurs découvrent le 11 mars à la villa à Savigny-sur-Orge que possède madame Bechof, une trentaine de tentes pour soldats. Le dossier de son amant, monsieur Desclaux trésorier payeur aux armées, s’alourdit.

Le procès médiatisé, tenu devant le 1er Conseil de guerre de Paris débute le 22 mars et le jugement est prononcé quatre jours plus tard : François-Eugène-Baptiste Desclaux est rayé des cadres de la Légion d’honneur et condamné à 7 ans de réclusion et à la dégradation militaire. Madame Bechoff sera emprisonnée pendant deux ans et l’employé des Postes, monsieur Verge complice de monsieur Desclaux sera écroué pendant un an. Les quatre autres inculpés sont acquittés.

D’après l’historien Jean-Yves Le Naour dans 1915, l’affaire Desclaux est politique car les détournements incriminés représentent seulement 500 F, "une misère, rapportée à la fortune personnelle des deux accusés". La droite française réussit à atteindre le radical Joseph Caillaux ancien président du Conseil dont Desclaux était alors son chef de cabinet.

Agriculture

Le ministre de l’Agriculture avait annoncé vers le 30 janvier, la fin des subventions agricoles pour les concours, foires, manifestations diverses pendant la durée des hostilités. Mais ces rassemblements étant indispensables au monde agricole, les responsables départementaux les organisent sans l’aide de l’État. Au début du mois de mars, les concours d’approbations et de primes aux taureaux reproducteurs sont tenus dans de nombreuses villes de la région à Salies, Boulogne, L’Isle, Cazères, Saint-Gaudens et, en fin de mois, à Luchon. Le 3 mars à Arignac, le concours de taureaux meilleurs reproducteurs de la race gasconne est même doté de 100 à 150 F de primes.

Le ministère intervient toutefois en incitant les agriculteurs à innover. Dans le Gers, il crée le 9 mars deux commissions. La première a pour objet d’étudier les conditions d’utilisation de la viande frigorifiée, la seconde est chargée d’évaluer l’emploi des moteurs d’automobiles réformées afin de pallier, dans une certaine mesure, le manque de main-d’œuvre. Pour la même raison, des essais de culture "sans charrue" sont présentés à Montesquieu-Volvestre le dimanche 21 mars à 10 h dans une vigne. Au lieu de labours profonds, l’agriculteur réalise des grattages superficiels destinés seulement à aérer le sol et à conserver son humidité, conditions indispensables à la prolifération des microbes.

En raison de la pénurie de main d’œuvre, les responsables agricoles demandent également à l’État de mettre les enfants en "congés scolaires pour travaux agricoles". Les difficultés rencontrées dans l’agriculture sont de plus en plus grandes. Le coût des matières premières, du transport et de la main-d’œuvre augmente. La mercuriale du 8 février publiée le 10 mars, au marché de Montréjeau, établit les prix suivants : en moyenne, le blé passe de 23 F en novembre à 30 F, le maïs reste stable à 17 F, le sarrasin est à 13 F, l’avoine à 15 F. Les poulets coûtent 4 F, les poules 5,50 F, les dindons 12 F chacun, le lait à 0,15 F le litre lorsque le beurre est à 3 F le kilo.

Le syndicat des agriculteurs du Gers fait preuve de solidarité paysanne. Il aide le 25 mars, les agriculteurs syndiqués des régions du nord de la France à reconstituer leur cheptel et leur outillage agricole détruit par l’ennemi.

Réquisitions :

Les résultats des réquisitions militaires de chevaux à Lavaur et Graulhet tenues le mois dernier sont rendus publics en mars : sur 550 chevaux examinés, 17 seulement ont été retenus par les autorités et achetés. À Lavaur, 138 bœufs et vaches sont saisis et les autorités militaires réclament en outre des voitures à quatre roues à un cheval ou deux chevaux pourvues de leurs accessoires (harnais, haches, cordes, clés pour graissage, côtés et derrière). Mais les réticences à ces requêtes sont grandes et en cette fin de mois, les propriétaires et les maires sont de plus en plus nombreux à ne pas vouloir répondre favorablement aux demandes de fournitures faites par les commissions de réquisition.

Enseignement :

Afin de remplacer les instituteurs et professeurs mobilisés, le ministère de l’Instruction publique fait appel à toutes les bonnes volontés en recherchant quand même un minimum de compétences. Aussi, le 6 février en Ariège, l’inspection académique informe qu’elle fixe au 25 mars l’examen du certificat d’aptitude pédagogique, certificat indispensable pour enseigner.

Le conflit perturbe les examens et nombreuses sont les sessions supplémentaires. Une session spéciale du brevet élémentaire et du brevet supérieur est ouverte le 22 mars et les résultats publiés les jours suivants. Une session extraordinaire d’examen pour la licence ès-lettres se déroule le 20 mars pour les seuls étudiants n’ayant pu, à cause de la mobilisation, passer l’examen en novembre 1914. Pour les mêmes raisons, les épreuves du baccalauréat sont fixées au vendredi 19 mars et les jours suivants.

Vie municipale

Plusieurs cas de fièvre typhoïde ont été constatés à Toulouse. En "raison de la légère modification survenue dans l’état sanitaire de la commune", la municipalité conseille le 2 mars aux toulousains de faire bouillir l’eau et le lait pendant quelques minutes, de faire "cuire les légumes poussant au ras du sol" et de se soumettre à la vaccination. Elle organise des permanences tous les jeudis soir au bureau d’hygiène, 6 rue du Sénéchal.

La municipalité intervient aussi dans le prélèvement de taxes comme celle portant sur les chiens. Leurs propriétaires doivent retirer au début de mars, au bureau des contributions situé au 71, rue du Taur, les plaques spéciales destinées à être fixées sur les colliers, prouvant que la taxe est payée.

La mairie est également garante des règlements et bonnes mœurs. Dans l’intérêt de la morale et de la santé publiques, le commissaire central de Toulouse interdit le 5 mars aux débitants de boissons l’emploi de toute femme "comme bonne" et l’entrée de "toute femme se livrant à la prostitution ou inscrite sur le contrôle du service des mœurs". Toute infraction sera punie de 15 jours de fermeture. Le 10 mars, la commune de Castres inflige quatorze contraventions à divers limonadiers de la ville pour fermeture tardive et trois amendes pour avoir des bonnes à leur service sans autorisation. À Albi, n’ayant pas respecté les horaires de fermeture, cinq débits de boissons sont punis tandis qu’à Saint-Girons, deux cafés sont fermés le 21 mars pour "cause administrative".

Mais, comme tous, les juges de paix sont mobilisés et la gestion des litiges de la vie quotidienne est déficiente. Aussi, l’État décide que le juge de paix mobilisé peut être remplacé par celui d’un canton voisin ou bien par un suppléant. Dans ce dernier cas, la somme de 150 F par mois pourra être allouée au nouveau juge.

Les difficultés quotidiennes s’accroissent : à Lavaur le dernier médecin doit partir pour le front et la population demande le 16 mars aux autorités qu’il reste. À Moissac, les gens se plaignent du mouillage du vin et à Toulouse, la nuit tombant à 6 h ½, la ville reste dans l’obscurité pendant une heure, les becs de gaz et d’électricité n’ayant pas été allumés. Elle fait ainsi des économies nécessaires en temps de guerre comme Agen qui informe de l’arrêt, le samedi 20 mars, de l’œuvre des soupes populaires créée pour la saison d’hiver.

Parfois, le manque évident de personnel impose à la mairie de Toulouse de recruter six égoutiers payés 3 F par jour. Et les plaintes portent également sur l’état déplorable de la voirie urbaine de nombreuses communes, même contre le bruit fait par "un de ces auto-camions surchargé de sacs et faisant un vacarme épouvantable avec ses roues non caoutchoutées".

À Mazamet, un groupe de patrons et d'employés veulent le respect par tous du repos dominical. Aussi, ils "ont l'honneur de porter à la connaissance des commerçants signataires du contrat au sujet de la fermeture des magasins à partir de midi tous les dimanches et jours fériés, qu'à partir du dimanche 28 mars, une police sera organisée contre ceux qui, depuis la mobilisation, font dérogation aux clauses de ce contrat".

Enfin, comme chaque année les départements (Tarn-et-Garonne, Gers…) annoncent qu’ils lancent les vérifications des poids et mesures des machines installées chez les commerçants.

Deux évènements retiennent l’attention en mars, le premier étant l’effondrement au début du mois des campaniles du clocher de l’église Saint-Jean à Cahuzac-sur-Vère. Un vent très violent a renversé le clocher de l’église qui menaçait de tomber depuis quelques temps. Le deuxième évènement survient le 14 mars : la briqueterie de Bruguières subit un incendie. À 11 h, on a sonné le tocsin, le maire ayant aussitôt prévenu les pompiers de Toulouse qui accourent. La centaine d’ouvriers du propriétaire monsieur Morel va être mise au chômage.

Vie économique

Le 4 mars, le prix du pain blanc à Condom est à 0,45 F le kg, celui du pain bis à 0,37 F et celui du pain de 1,5 kg à 0,43 F. Mais au cours de ce mois, le prix du blé augmentant de manière considérable, les municipalités commencent à stocker la précieuse céréale.

Comme dans l’agriculture, le manque de main-d’œuvre dans l’industrie devient crucial parce qu’il faut répondre aux marchés de l’armée. Le 8 mars, les usines installées à Castelsarrasin recherchent des ouvriers en fer, des serruriers, des forgerons, des maréchaux, des charpentiers et des ouvriers pour l’usinage de douilles de canons. Le salaire minimum est de 3,50 F plus une prime de 0,25 F par jour pour les hommes, de 1,75 F plus une prime de 0,25 F par jour pour les femmes. En fin de mois, parce qu’il n’y a pas de main-d’œuvre localement, on fait appel aux ouvriers espagnols.

Les échanges sont heureusement facilités par les chambres de commerce. Celle de la Haute-Garonne informe le 11 mars les commerçants du département, qu’elle a reçu un second envoi de la monnaie du billon donnée par sac de 50 F pour celle en cuivre et 200 F pour celle en nickel. Ces pièces faites en alliage pauvre de cuivre et de nickel et ne représentant pas leur valeur réelle sont mises en circulation pour pallier au manque de petite monnaie.

Les communications téléphoniques arrêtées depuis le début de la guerre sont peu à peu rétablies mais elles sont limitées aux seuls départements limitrophes. Par exemple, le 15 mars, le Gers ne peut communiquer qu’avec les Landes, le Lot-et-Garonne, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, et les Hautes-Pyrénées.

Vie culturelle et sportive

Le 7 mars l’académie des sciences morales et politiques de Paris annonce la radiation de ses correspondants allemands et une exposition itinérante anti allemande arrive à Toulouse après être passée par Bordeaux.

Régionalement, les sociétés savantes deviennent de plus en plus actives comme la Société archéologique du Midi : lors de la séance du 10 mars, l’intervention de M. l’abbé Auriol porte sur les chapiteaux des portes du croisillon sud de Saint-Sernin de Toulouse et celle de Jules Chalande rend compte de l’étude archéologique de l’hôtel de Roquette, 2 rue d’Aussargues.

À la fin du mois, la finale du championnat des Pyrénées en rugby sur le terrain des Pont-Jumeaux oppose le Harlequins-Club Universitaire Toulousain au Football-Club appaméen.

Nos soldats

Les autorités militaires considérant le grand nombre de réformés pendant les premiers mois de la guerre, décident de leur faire passer un nouvel examen. Les hommes du service armé, considérés comme inaptes à faire campagne, doivent être examinés tous les deux mois par une commission médicale spéciale de trois médecins instituée dans chaque région. L’armée souhaite ainsi augmenter le nombre de combattants. Dans ce but, le ministère de la Guerre supprime le 21 mars toute permission pendant la durée de la guerre autre que les congés de convalescence sauf cas exceptionnels : "24 h à titre d’encouragement dans des proportions très restreintes, évènements exceptionnels (obsèques…)", une semaine pour militaires évacués pour blessures… En revanche, aucune permission ne sera accordée aux militaires indigènes de l’Afrique du Nord.

La classe 1916 devant être incorporée le 20 mars 1915, les "messes de départ" sont célébrées dans les villes et villages, à Martres-Tolosane, Calmont... À Saint-Girons, les jeunes assistent à cette messe "en se rangeant près de l’autel de Jeanne d’Arc", symbole de la résistance à l’envahisseur.

Considérant par ailleurs que leur stock est suffisant et que la saison d’hiver tire à sa fin, les autorités militaires annoncent qu’elles ne rembourseront plus, à partir du 15 mars, le linge de corps et les vêtements chauds apportés par les soldats. Cette mesure ne s’applique pas aux chaussettes. L’armée demande également aux familles d’être plus modérées dans l’envoi de colis car leur nombre ayant plus que doublé depuis un mois, "il est matériellement impossible de les faire parvenir aux destinataires".

Nos blessés

Au septième mois de guerre, le nombre de blessés arrivant dans les huit départements de la région est encore important. Comme l’hôpital temporaire Saint-Vincent, situé à Gaillac, toujours complet avec ses 25 blessés dont les noms sont quotidiennement publiés, les nombreuses structures sanitaires ne désemplissent pas.

Certains blessés sont aussi soignés dans leurs familles. À Saint-Germé (Gers), un lieutenant est rentré chez lui se faire soigner. Mais il "était dans un état de santé des plus alarmants par suite de l’ébranlement de son cerveau" et il s’est donné la mort. Peu à peu, les médecins découvriront le concept de "névrose traumatique de guerre".

Afin de différencier les personnels qualifiés de santé des autres, le ministère de la Guerre légifère sur le port des insignes d’infirmiers. Il décide le 22 mars que les personnels féminins des trois sociétés d’assistance de la Croix-Rouge reconnues d’utilité publique porteront la coiffe et un voile de couleur blanche (modèle déposé au ministère) avec croix rouge et, sur le corsage de la blouse et sur la cape ou manteau, une croix rouge avec les initiales de la société brodées.

Nos prisonniers

Il est conseillé aux familles qui souhaitent communiquer avec les leurs, prisonniers en Allemagne, d’éviter l’envoi de cartes-correspondances comportant des drapeaux ou faisceaux de drapeaux français. Les Allemands interdisant ces symboles, nos prisonniers ne recevront pas leur courrier.

Par ailleurs, parce que le volume de la correspondance ralentit son acheminement, le comité international de la Croix-Rouge décide le 21 mars que tous les prisonniers auront droit d’envoyer deux lettres par mois (4 pages au plus) et une carte postale par semaine "écrites lisiblement et d’une grande écriture". Il met en garde les personnes qui envoient de trop longues lettres. Elles seront reçues avec grand retard car elles passeront les contrôles les dernières.

Enfin, les travaux de la ligne ferroviaire de Bazas à Auch sont prochainement ouverts dans la région. Les autorités souhaitent "largement employer" les prisonniers allemands.

Conseils de guerre et tribunaux

Les "conseils de guerre permanents" jugent toujours des affaires concernant des désertions, des vols le plus souvent au préjudice de l’armée, parfois au détriment de particuliers ou dans un cas, des vols de colis commis sur les emprises de la Compagnie du Midi, des complicités de vol, des insoumissions, des "outrages par paroles envers un supérieur", des refus d’obéissance… Le 4 mars un insoumis est transféré de Simorre dans le Gers à la prison militaire de Toulouse dans l’attente de son jugement.

Le 11 mars, le tribunal correctionnel condamne à 16 F d’amende une personne qui a utilisé un timbre de 10 cts déjà oblitéré, à un mois de prison et 5 F un homme en état d’ivresse sur la voie publique et un mendiant à 3 mois et un jour de prison. Les contraventions pleuvent à Albi sur trois personnes poursuivies pour des faits de violences légères et sur des commerçants ayant fraudé sur la quantité et la qualité de vins et de laits vendus. Même un juge de paix, celui de Fleurance, est inculpé probablement de vol et provisoirement suspendu de ses fonctions le 27 mars.

Les réfugiés et les étrangers

Les convois de réfugiés arrivent en grand nombre dans la région et le 6 mars, Toulouse accueille encore 500 réfugiés civils. Face à cet afflux et anticipant des problèmes de sécurité, l’État décide le 12 mars que les permis de séjour des étrangers en France devront dorénavant être munis d’une photographie timbrée par le commissaire ou le maire. À Condom, les étrangers doivent se présenter au commissaire de la ville avec une pièce d’identité, le permis de séjour et une photographie afin de remplir les nouvelles formalités. Il leur est rappelé qu’ils ne peuvent pas quitter sans autorisation écrite du préfet leur commune de résidence.

En vue de couvrir une grande partie des frais d’installation des réfugiés autant étrangers que français, les associations recourent aux souscriptions. L’Atelier belge installé à Paris établit le 18 mars, une filiale rue de Metz à Toulouse chargée d’assister et de placer gratuitement les réfugiés belges.

Les allocations

Répondant aux nombreuses demandes d’assurés mobilisés qui ne peuvent pas payer leurs cotisations aux retraites ouvrières, le ministre du travail rappelle qu’un décret établit que la durée de mobilisation de l’assuré sera prise en compte pour la détermination de l’allocation viagère.

Par ailleurs, la population de la région se plaint des critères d’obtention d’allocations pour les familles de mobilisés qu’elle considère arbitraires. Les autorités locales de Mazamet ayant observé que certaines familles sont allocataires, d’autres dans les mêmes conditions ne le sont pas, propose le 16 mars, d’aider celles qui ne le sont pas dans les démarches à effectuer.

L’État décide d’étendre le droit aux pensions des veuves de militaires morts au combat à celles de militaires décédés de maladie contagieuses ou endémiques contractés dans les dépôts de l’intérieur. Les veuves alors nombreuses s’organisent et la première assemblée générale de l’"œuvre nationale pour la protection des veuves et orphelins de la guerre de 1914" se tient vers le 10 mars.

Les œuvres sociales

Les soirées de bienfaisance comme celle organisée le 4 mars à Castelsarrasin, les concerts de la Croix-Rouge comme à Lavelanet ou de charité à Rodez sont autant d’occasions données aux œuvres sociales pour augmenter leurs ressources. Les stocks arrivent à épuisement et les appels aux dons sont de plus en plus pressants. Ils témoignent de la baisse de la générosité de chacun. La guerre est maintenant longue, les actions sociales sont considérables, aides aux soldats, aux prisonniers, aux blessés, aux mutilés, aux réfugiés… et ce d’autant que les secours locaux n’ont pas disparu : le 11 mars la mairie d’Albi lance la souscription annuelle au profit des pauvres de la ville.

Pourtant de nombreux ouvroirs font toujours œuvre de charité comme celui situé à La Bastide-de-Sérou dans l’Ariège. Des jeunes filles ou femmes, bénévoles, confectionnent chaussettes, plastrons, gants, passe-montagnes… et remettent à neuf des linges usagés destinés aux soldats, aux prisonniers et aux blessés.

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