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Janvier 1915

En ce début de janvier 1915, deux événements importants se déroulent en France et dans notre région :
  • La première transfusion sanguine réussie par poche date du 27 mars 1914. Le 4 janvier 1915, la presse annonce que deux blessés ont été transfusés avec succès dans la ville normande de Saint-Lô. De nombreux progrès en médecine seront entrepris au cours de la Grande guerre.
  • Le percement du tunnel du Puymorens est achevé le 1er janvier 1915. Les Pyrénées sont franchies entre le village ariégeois, l’Hospitalet-près l’Andorre et celui de Porta dans les Pyrénées-Orientales. Les aménagements et équipements seront les prochains travaux à effectuer pour que les trains puissent circuler.
  • Enfin, en raison de la guerre, l’Élysée annonce que les traditionnelles réceptions du 1er janvier des délégations civiles et militaires n’auront pas lieu. Cette décision est appliquée dans les différents ministères et dans l'ensemble des départements du pays. Les préfets, les présidents de tribunaux locaux, les maires des principales villes annoncent à leur tour qu’ils ne recevront pas pour les vœux de début d’année. Le préfet de l’Aude exprime le désir de ne pas recevoir de cartes de visite "de façon à ne pas surcharger inutilement le service des postes".

08 gener 2015
By: Patrick Roques

L'agriculture

Après les semailles d’automne, les autorités demandent de cultiver en priorité du blé, de l’avoine et de l’orge sur une plus grande étendue de terre car il faut éviter le coût des importations. Aussi, le ministre de l’Agriculture, Alexandre Millerand, accorde-t-il des permissions aux hommes des dépôts territoriaux pour les semailles, la taille de la vigne et les divers travaux des champs (deux séries de 13 jours).

Par ailleurs, son ministère annonce le 23 janvier la suppression du Concours général de Paris et des concours spéciaux ainsi que de toutes les subventions destinées aux autres concours et manifestations diverses pendant la durée des hostilités. Il décide aussi la suspension jusqu’au 30 avril 1915 des baux des fermiers et métayers mobilisés.

Les réquisitions

Les réquisitions se poursuivent et le 14 janvier le ministre de la Guerre demande de l'avoine au seul département du Gers. Pour les chevaux et les juments de 4 ans et plus, réquisitionnés, l'autorité militaire impose comme à Montauban, que chaque animal ait une ferrure en bon état et soit muni d’un bridon et d’un licol, pourvu aussi d’une longe.

Les réquisitions portent aussi sur les légumes secs et les négociants se plaignent de ne pas être payés pour les quantités qu’ils ont livrées au début de novembre.

La vie quotidienne

La hausse des prix des matières premières due au conflit entraîne des augmentations des coûts de produits. Le syndicat des maréchaux-ferrants et forgerons annonce qu’il augmente ses tarifs à partir du 1er janvier 1915 et à Albi, les laitiers demandent le 29 janvier au maire de relever le prix du lait.

Dans le Gers, les producteurs d’Armagnac constatent les mauvaises ventes et dénoncent l’effondrement des cours : de 6 à 7 F en 1914, le degré barrique passe à 3 F en janvier 1915.

Les Toulousains se plaignent de la quantité insuffisante de pain, base de l’alimentation. Les boulangers de la ville sont eux, mécontents du prix qu'ils jugent insuffisant auquel ils vendent le pain. Ils dénoncent le coût des matières premières qui a augmenté : ils paient plus cher le bois, la farine et le transport des produits ainsi que la main-d’œuvre devenue rare.

Aussi, ils font moins de pain et demandent aux autorités locales de relever son prix. La municipalité de Moissac refuse, et le prix reste, pour le pain de ménage à 0,35 F le kg, le pain blanc à 0,43 F le kg et le pain bis à 0,34 F, prix habituellement relevés sur la région. Celle de Montauban impose de plus que tous les pains vendus entiers ou fractionnés soient pesés avant d’être livrés.

L’administration préfectorale annonce qu’il n’y a pourtant pas de pénurie de farine et que le problème est seulement localisé à Toulouse. Mais les récoltes de blé en France ont été de 92 000 000 quintaux en 1914 et les besoins annuels étant estimés à 94 000 000 quintaux, il faut faire appel aux importations. La farine manque bien et les plaintes émanent d’autres villes de la région. Aussi, parce que ce problème est grave, les autorités militaires donnent le 28 janvier des sursis aux boulangers "dans les cas tout à fait exceptionnels".

La population régionale rencontre d'autres problèmes : le 17 janvier les habitants des quartiers de Toulouse se plaignent de manquer d’eau à partir de 22 h. Les agents mobilisés n’ont pas été remplacés malgré l'annonce d’embauche au service des eaux de deux chauffeurs-conducteurs qui toucheront 4,50 F par jour de salaire. À Foix, malgré le changement de société d’éclairage, la population proteste toujours contre la mauvaise qualité du gaz.

Les habitants dénoncent également les lenteurs du courrier car "le personnel est tellement réduit que le courrier et les journaux arrivent de plus en plus en retard". Afin d'améliorer la qualité du service de cette administration, ils demandent aux P. T. T. d’embaucher des chômeurs dont le nombre grossira avec les gardes-voies que la ville de Moissac décide de supprimer le 28 janvier.

Les hommes étant mobilisés, les femmes travaillent de plus en plus dans les usines. Elles sont moins bien payées que ceux qu’elles remplacent. Parce qu’elles sont peu ou pas formées, peu encadrées, trois ouvrières qui travaillent à l’arsenal à Tarbes sont montées, le 12 janvier sur un tas de copeaux métalliques et ont été électrocutées.

Le manque de médecins devient également dramatique. En désespoir, le 18 janvier, la municipalité de Condom lance un appel pressant aux "docteurs-médecins français ou belges pouvant donner des soins pendant la guerre à une population de 8 000 habitants".

Localement, dans son combat contre l’alcoolisme, l’administration ferme pour un mois, un établissement de la ville de Toulouse qui a vendu de l’absinthe et le préfet, par mesure d'hygiène, demande le 5 janvier aux propriétaires d’écheniller les arbres, haies ou buissons.

Janvier est le mois des gâteaux des Rois. Monsieur Valette pâtissier à Gaillac, annonce qu’il mettra dans un de ses gâteaux, à partir du 5 janvier, une pièce de cinq francs or. Quelques jours plus tard, monsieur Loubat, juge d’instruction trouve cette belle pièce dans un gâteau qu’il a acheté au pâtissier.

Janvier est également le mois au cours duquel les maires dressent les listes d’assistance aux vieillards, infirmes ou incurables. Les listes sont déposées au secrétariat de la mairie par le conseil municipal en vue de récolter les observations de chacun. C’est aussi le mois des bilans de fin d'année et des statistiques : l’état-civil est tenu par les communes mais les 18 paroisses toulousaines indiquent qu’en 1914 il y a eu 1 763 baptêmes, 635 mariages et 2 535 sépultures soit 137 naissances et 298 mariages de moins qu’en 1913 et 209 décès en plus.

Les foires qui se tiennent en janvier pâtissent en 1915 des réquisitions, du conflit et du mauvais temps qui sévit. Le 9 janvier, le monde est présent mais les échanges sont peu nombreux à celle "des Rois" de Gaillac, À la foire du 22 janvier qui s’est déroulée sous une épaisse couche de neige, les prix sont en hausse sensible. Les œufs sont à 1,50 F la douzaine, les poules à 0,85 F, le blé à 25 F l’hectolitre, les pommes de terre à 5 F et les cours sont toujours élevés sur les bœufs de travail et les chevaux. La gare de cette ville a expédié 104 wagons de bestiaux alors que l’année précédente il y en avait 125.

Dans la commune d'Albi, le maire rappelle le 4 janvier que la vitesse des automobiles dans la ville ne peut excéder 12 km/h. Elle doit être "ramenée à celle d’un homme marchand au pas aux endroits où la circulation est active dans les passages étroits et les tournants des rues". Elle est interdite de 21 h à 4 h.

Fin janvier, en raison des événements, la mairie de Toulouse interdit aux personnes de se masquer ou de se travestir le jour de Mardi-Gras et le préfet de l’Ariège face au nombre important de dénonciations reçues par ses services, informe à son tour que seules sont lues et prises en considérations celles signées par leurs auteurs ou portant l’identité de l’envoyeur.

Les sports et spectacles

Chaque début d’année, les contribuables sont informés des montants des taxes ou des nouveaux prélèvements. Les propriétaires de cercles de jeu apprennent le montant de leur contribution et ceux qui possèdent des salles à billards doivent en faire la déclaration.

Le sport fait l’objet de toutes les attentions : grâce à lui, les hommes sont formés au goût de l’effort, à l’esprit d’équipe, valeurs recherchées par les autorités militaires. Les soldats du 76e régiment d’infanterie forment une équipe de foot-ball rugby qui s’entraîne avec l’équipe du collège de Villefranche-de-Rouergue et le 24 janvier est organisé à Toulouse dans le cadre de la coupe de France, un cross-country qui débute à 9 h aux Ponts-Jumeaux.

Au théâtre Caton à Tarbes, le programme du dimanche 3 janvier est alléchant avec la représentation d’Aïda. L'objectif est de réserver une part importante de la recette aux hôpitaux de la ville. À Toulouse, le théâtre du Capitole présente le 23 janvier la tragédie Roméo et Juliette.

Quelques jours plus tard, le 27 janvier, le célèbre tableau de Jean-Paul Laurens "L’agitateur du Languedoc" est installé au musée des Augustins. La toile appartenait à monsieur Paul Bories qui l’avait acquise du maître à condition qu’à sa mort elle soit de retour à Toulouse. Ce tableau évoque la répression menée contre les Cathares.

Nos soldats

Les soldats de la classe 1915 avaient demandé lors de leur passage en conseil de révision, de se présenter au baccalauréat avant de partir au front. Le 13 janvier, l’université de Toulouse annonce une session extraordinaire du baccalauréat avant le départ de la classe 1916.

Les soldats les plus vieux, ceux des classes 1887 et 1888, doivent être libérés de leurs obligations militaires et renvoyés dans leurs foyers. Mais cette mesure est limitée aux seuls hommes des services auxiliaires car l'armée veut garder ceux qui exercent des professions spéciales utilisables pour ses besoins.

Les militaires, nombreux aux dépôts – les villes sont toutes concernées -, ne peuvent fréquenter les débits de boissons locaux que de 17 à 21 h ce qui mécontente vivement les tenanciers.

Dans les dépôts, les instructeurs changeront d'affectation. Ils partiront pour le front et seront remplacés par des sous-officiers revenant du feu, "plus qualifiés pour donner aux recrues les connaissances pratiques nécessaires en campagne". Les nouveaux instructeurs enseigneront probablement le langage des tranchées déjà rapporté par les blessés : un "cure-dents" est la baïonnette (elle sera appelée aussi "Rosalie"), un adjudant est le "juteux", et le "doublard" est le double liseré porté sur chacune de ses manches. Un "nougat" est un fusil et le "pruneau" ce qui en sort.

Nos blessés et nos prisonniers

Les trains déversent toujours de nombreux blessés, le 3 janvier à Montauban, le 10 dans l’Ariège, le 25 à Revel. Les blessés sont encore tellement nombreux qu’un nouvel hôpital militaire est ouvert le 13 janvier à l’Institut catholique de Toulouse.

Le 20 janvier, monsieur Vianes, l'ancien secrétaire général de l’Ariège alors consul général de France à Monaco, établit la liste des blessés ariégeois soignés à Monte-Carlo et l'envoie au département.

Les listes de nos prisonniers en Allemagne sont toujours publiées et le 16 janvier paraît l’information concernant "l'échange de prisonniers définitivement invalides (homme pour homme) " entre la France et l'Allemagne. La Suisse via Genève propose ses services pour mener cet échange à bien.

Nos morts

Face à l’afflux de soldats morts, les obsèques sont de plus en plus fréquentes localement. Par exemple, la commune de Tournecoupe dans le Gers se réunit le 19 janvier pour la neuvième fois depuis le début de la guerre et la population se retrouve à l’église puis au cimetière pour accompagner le corps de ce soldat.

Les familles sont toutes touchées même celle du chef du gouvernement : le fils cadet de monsieur Viviani est mort le 22 août 1914 et l'information paraît dans la presse au début du mois de janvier 1915.

Quatre soldats au moins se sont donnés la mort en janvier, deux à Toulouse, un à Rodez et un dernier, un réserviste, à Puycelci. Ce chiffre paraît important car ces suicides sont déclarés comme tels.

Les soldats morts, la mémoire de certains combattants est honorée. À Foix, la rue où est né Paul Delpech mort au champ d’honneur est baptisée en cette fin de janvier "rue du lieutenant Paul Delpech". Il est le fils de l’ancien sénateur de l’Ariège.

Le conseil de révision

Le gouvernement a décidé que les conseil de révision de la classe 1916 débuteront le 13 janvier et devront être terminés le 27 février. Aussi, paraissent les dates auxquelles les conseils se dérouleront dans les cantons des départements. Dans celui de Villefranche–de-Rouergue, 115 conscrits doivent être examinés, 78 seront déclarés bons pour le service, 3 seront versés dans les services auxiliaires, 2 seront exemptés et 28 ajournés, 4 étant des engagés volontaires. Suivant la tradition, les jeunes gens de 18 ans montrent toute la journée un joyeux entrain et parcourent les rues en chantant « prouvant ainsi qu’ils rempliraient avec courage et fierté leur devoir envers la Patrie ». L’armée a, depuis le 1er janvier 1913, formé cinq classes (1912, 1913, 1914, 1915 et 1916) ce qui est alors unique dans l’histoire militaire française.

Les conseils de guerre

Les conseils de guerre se réunissent souvent et en janvier, jugent les outrages envers un supérieur, les abandons de poste, les désertions, les vols, même les injures envers des particuliers, ceux appartenant par exemple au personnel d’un hôpital mixte de Cahors. Comparait également un industriel français accusé de tentative de corruption. Il avait approché un fonctionnaire pour avoir les prix de ses concurrents au sujet d’une affaire le mettant en compétition avec eux.

Le 9 janvier, le coutelier-armurier-mécanicien A. Gaffié fait paraître une publicité vantant les qualités d'équipements de protection du soldat, le casque Gaffié qu’il commercialise. Mais à la fin du mois, la presse dénonce des "mercantis peu scrupuleux [qui] vendent des appareils ou objets destinés - prétendent-ils – à préserver nos braves des balles ennemies, du froid…L’emploi de cuirasses individuelles est inefficace car elles sont trop faibles". L’inventeur d’un plastron pare-balle a été inculpé d’escroquerie par le parquet de la Seine.

Les « mauvais français »

Le manque de "petite monnaie" s’explique selon les autorités, par l’attitude des "gens surtout dans les campagnes [qui] échangent les billets contre les pièces blanches qu’ils enterrent dans des cachettes profondes et qui disparaissent totalement de la circulation". Ils font acte de "mauvais Français".

Tout comme ce soldat : réserviste de la classe 1901, il s’est évadé des locaux disciplinaires du dépôt de Lavaur et est activement recherché par la gendarmerie pour vol de vêtements civils dans une maison et par l’armée pour désertion.

Les « bonnes oeuvres »

L'activité des œuvres caritatives est toujours grande dans la quête de dons et les secours et les longues listes de donateurs prennent beaucoup de place dans les journaux. Malgré une production de vins dans le Tarn-et-Garonne moins importante qu’en 1913 (381 425 hl en 1913 et 377 432 hl l’année suivante), les propriétaires du département proposent gracieusement une partie de leur récolte à l’armée.

La soirée "extraordinaire" du 15 janvier aux Nouveautés à Toulouse est organisée au profit des soldats du front. Les paquets qui leur sont envoyés, les aides aux prisonniers nécessiteux et aux réfugiés sont autant d’opérations portées par les nombreux bénévoles très actifs. Surtout qu'il faut répondre aux demandes toujours pressantes des officiers en vêtements chauds, "fortes chaussures" (tailles 41 à 47) et souliers galoches.

La "cigarette des blessés" est l’opération qui consiste à recueillir dans des boîtes situées dans les tabacs et passages fréquentés, des cigarettes. Du 17 novembre au 8 janvier, 223 paquets de tabac, 201 paquets de cigarettes, 2 119 cigarettes, 474 cigares, 1 284 cahiers de papier, 19 boites d’allumettes, 42,25 F en espèce, 10 billes de chocolat, 7 pipes, 2 pochettes de papier à lettres, 1 paquet de pastilles, 16 cartes postales, 1 porte-monnaie, 1 jeu de cartes, 1 porte-cigares, 2 étuis à cigares, 1 passe-montagne ont été recueillis dans ces boîtes.

Le 26 janvier, le journal l’Express du Midi annonce qu’il a récolté et envoyé depuis trois mois, en dons en nature et espèce plus de 70 000 F.

Ces initiatives aident beaucoup les municipalités dans leurs politiques sociales en ce début d’année. Comme de nombreuses autres, celle de Villefranche-de-Rouergue passe des contrats par adjudications pour les fournitures de viande, vin, pain, lait, objets de vêture et couchage, comestible et épicerie et légumes secs... à l’hospice et au bureau de bienfaisance de la ville.

Mais nombre de familles réclament les allocations auxquelles elles pensent avoir droit. Les autorités rappellent que les aides sont dues à celles qui ne peuvent assurer leur subsistance à cause de l’absence des mobilisés et qu'elles sont fixées à 1,25 F par jour par adulte plus 0,50 F pour chaque enfant de moins de 16 ans.

Enfin, le 30 janvier 1915, la "journée du 75" du nom du célèbre canon de 75 utilisé par l'armée française est annoncée pour le dimanche 7 février suivant. Son but est de fournir à tous les soldats du front un paquetage individuel composé d’un imperméable, des effets de laine, caleçons, mouchoirs, gants, chaussons de tranchées, de cartes postales militaires, de crayons, d’un tube d’iode, de tabac, pipe, briquet, lacets de chaussures, ficelle, bougies, savons. Cette journée est organisée par l’Œuvre des soldats au front créée par le Touring-Club de France. Des quêteurs, "en échange d’un insigne représentatif de notre merveilleux canon" recevront l’obole des passants.

Les réfugiés

La ville d’Auch organise le 2 janvier les étrennes des 300 enfants de réfugiés. Les jouets et effets divers offerts par les États-Unis sont alors donnés. Le lendemain, l’arbre de Noël des petits Belges est organisé à Toulouse.

Le financement de telles opérations est rendu possible grâce aux représentations et quêtes diverses. Le 27 janvier, un concert est donné au profit des réfugiés et le 28 janvier, la vente du "Drapeau belge" a bien rapporté.

Malheureusement, le préfet de l’Ariège est obligé de prendre des mesures de rigueur contre certains réfugiés : ceux qui quittent sans autorisation la commune dans laquelle ils sont assignés ou ceux qui refusent du travail, ceux qui s’adonnent à la boisson ou se montrent grossiers envers leurs hôtes seront internés à la prison du château de Foix. Il rappelle que tout secours en argent ou en nature sera supprimé aux réfugiés refusant de travailler. Enfin, parce que certains se livrent à la mendicité à domicile, le préfet rappelle que chaque réfugié a la subsistance et le logement assurés et aucun d’eux ne peut solliciter d'aumônes.

Nos ennemis

Quatre prisonniers allemands se sont évadés de la caserne d’Auch le 3 janvier. Le lendemain, trois seront retrouvés, le quatrième les jours suivants. En revanche, leurs employeurs jugent exemplaire le comportement de ceux qui construisent la ligne de chemin de fer reliant Auch à Lannemezan.

Les étrangers sont toujours sous grande surveillance et les mises sous séquestres de biens allemands sont pratiquées : les mines de manganèse et d’antimoine des communes de Portet et de Poubeau (Haute-Garonne) sont mises sous séquestre le 8 janvier car elles appartiennent à monsieur Flechter de Düsseldorff (Allemagne). Le 11 janvier, des "indésirables qui portent des noms à consonance germanique" et qui vivent dans une roulotte sont arrêtés.

L'affaire Desclaux

Le 28 janvier 1915 éclate l'affaire François-Antoine Desclaux qui était l’ancien chef de cabinet du président du Conseil, Joseph Caillaux. Devenu en 1914 payeur principal de 2e classe aux armées, il est arrêté car il est soupçonné de détournement de fonds publics. Il est inculpé de vol et de détournement de fournitures militaires. Le "scandale Desclaux" débute.

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