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Le pan de bois

Le centre ancien de Lavaur conserve de nombreuses façades en pan de bois. Découvrez cette technique de construction, de la fin du Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle.
25 juillet 2013
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Pan de bois
Localisation de Lavaur - Tarn
Tarn
Lavaur
LE PAN DE BOIS...
Architecture
FICHE DÉCOUVERTE
Service connaissance du patrimoine
DCAV - Région Midi-Pyrénées
UN PEU D'HISTOIRE...
À Lavaur, les archives de la fin de l'Ancien Régime font état d'une ville encore largement médiévale, dans laquelle le pan de bois, ou " colombage ", est le mode de construction le plus fréquent.

Au début du XIXe siècle, la ville se dote d'un plan d'alignement. Ce document d'urbanisme vise à régulariser les fronts de rues, mais provoque de fait la disparition d'un grand nombre de façades en pan de bois, jugées inesthétiques et dangereuses. Faciliter la circulation et lutter contre les incendies étaient en effet au coeur des préoccupations de la municipalité.

L'étude des documents historiques montre clairement l'impact des règlementations dans l'effacement de ce type de construction : il ne reste aujourd'hui dans le centre de Lavaur plus que 20 % des façades en pan de bois mentionnées sur les plans de 1840 !

En outre, les exemples conservés attestent de fréquentes modifications. Par sa nature modulable, le pan de bois évolue en fonction des modes d'habiter, et nous parvient rarement dans ses dispositions d'origine.
Remplissage en torchis posé sur lattes (éclisses), dans une cloison intérieure.
Remplissage en torchis posé sur lattes (éclisses), dans une cloison intérieure.
Marques d'assemblage des pièces de bois (III et IIII).
Marques d'assemblage des pièces de bois (III et IIII).
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
Les plus anciens pans de bois en façade rencontrés à Lavaur datent de la fin du Moyen Âge (XVe-XVIe siècles). On en compte un peu plus d'une dizaine.
Ces maisons sont souvent à un étage, sur des parcelles étroites, en lanières , dont la répétition peut signaler d'anciens lotissements. Parfois, un passage couvert desservait le coeur d'îlot, ou bien des " pountets " enjambaient les ruelles pour relier deux habitations.
Les façades de ces maisons se reconnaissent par la présence d'une avancée sur rue, l'encorbellement. Ce système de construction permet à la fois d'abriter les échoppes et de gagner de l'espace aux étages, sans augmenter la valeur foncière. Les rez-de-chaussée ont subi d'importantes transformations qui ne permettent pas de connaître leurs dispositions d'origine.
La structure est contreventée par des croix de Saint-André, une ou plusieurs par hauteur d'étage. Le comble peut être ouvert (soleilhou), et servir d'espace de stockage et de séchage.
Dans les cours intérieures, la circulation externe pouvait s'organiser par des galeries en pan de bois, reliant l'escalier en vis aux différentes pièces.
Le pan de bois est rarement sculpté. Le décor est souvent limité aux abouts de solives en saillie, en quart-de-rond et aux chanfreins amortis en congés. Les linteaux de portes peuvent être ornés d'accolades, et les encadrements de fenêtres posséder des moulures à fines baguettes reposant sur des bases prismatiques.
Dernier exemple conservé de système de circulation en galeries, et fenêtres à traverses de la fin du XVe siècle (rue Père Colin).
Dernier exemple conservé de système de circulation en galeries, et fenêtres à traverses de la fin du XVe siècle (rue Père Colin).
DU 17E AU 19E SIECLE
Vers la fin du XVIIe siècle, l'architecture en pan de bois tend à se simplifier. Avec plus ou moins de succès, plusieurs édits royaux ou règlements locaux interdisent l'avancée sur la rue. Dès lors, l'encorbellement se réduit, voire disparaît.
La structure est essentiellement composée de poteaux droits ; on parle parfois de pan de bois " à grille ". Le contreventement peut être assuré par quelques pièces obliques, les écharpes.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les ouvertures sont souvent remaniées pour être mises au goût du jour. Autour des nouvelles fenêtres sont rapportés des encadrements en bois à linteaux cintrés, souvent équipés de contrevents en persiennes.
Cette pratique se poursuit également au siècle suivant. Les alignements amorcés au XVIIIe siècle se systématisent dès le début du XIXe siècle, et provoquent la reconstruction des étages en retrait. De nombreuses façades voient leurs étages " reculés " à l'aplomb du rez-dechaussée.
Dans la majorité des cas, la reconstruction est faite en maçonnerie de briques et moellons, mais lorsqu'elle est réalisée en pan de bois, elle utilise le type à poteaux droits, caractérisé par le remploi des pièces de bois antérieures.
La technique de construction est aussi employée pour surélever d'un étage les maisons en maçonnerie, sans ajouter de charge trop importante.
À cette époque, il était fréquent d'enduire les façades en pan de bois, pour limiter la propagation des incendies, mais également pour cacher la nature de la construction.
Façade du XVIIe siècle, avec des fenêtres à encadrements rapportés au XVIIIe siècle (rue Carlesse).
Façade du XVIIe siècle, avec des fenêtres à encadrements rapportés au XVIIIe siècle (rue Carlesse).
VOCABULAIRE
Scèmas d'une maison en pan de bois
  1. 1 - Rez-de-chaussée maçonné
  2. 2 - Sablière basse
  3. 3 - Sablière haute (de plancher)
  4. 4 - Poteau
  5. 5 - Poteau cornier
  6. 6 - Solive portant l'encorbellement
  7. 7 - Hourdis (remplissage) en brique
  8. 8 - Décharge en croix de St-André
  9. 9 -Fenêtre à meneau et traverse ou croisée
  10. 10 - Appui mouluré
  11. 11 - Comble ouvert (soleilhou)
  12. 12 - Aisselier
  13. 13 - Assemblage à tenon et mortaise chevillé

Conception et Réalisation : Arnaud Villefranque

Textes : Céline Vanacker

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