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Saint-Antonin-Noble-Val : une maison de justice du milieu du XIIe siècle

Située au cœur de la ville, la Maison de Justice de Saint-Antonin-Noble-Val a été construite au XIIe siècle.
Devenue par la suite maison consulaire, elle a gardé cette fonction jusqu'à la révolution.
Elle est composée de plusieurs éléments dont un beffroi construit au XIX. L'ensemble du bâtiment est couvert d'un riche décors sculpté.
22 Décembre 2011
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Saint-Antonin-Noble-Val - tarn-et-Garonne
Tarn-et Garonne
Saint-Antonin-Noble-Val
UNE MAISON DE
JUSTICE DU MILIEU
DU XIIe SIECLE
Architecture
FICHE DÉCOUVERTE
Service connaissance du patrimoine
DCAV - Région Midi-Pyrénées
Façade sur la place du marché
Façade sur la place du marché
Claire-voie et fenêtres géminées
La maison a été construite dans les années 1150 pour Pons de Graulhet, probablement viguier des vicomtes de Saint-Antonin.
Son aula, située au premier étage, est aussi une salle de justice que signale sur la rue une remarquable claire-voie au décor sculpté exceptionnel, par sa qualité d’exécution autant que par son iconographie.

Piliers et chapiteaux étaient rehaussés de couleurs ; des plats émaillés importés de l’Espagne musulmane étaient incrustés dans la pierre de taille de la façade ; deux colonnettes de bronze prenaient
place dans les fenêtres géminées de la tour.

Devenue maison consulaire en 1313, elle est restée le siège de la municipalité jusqu’à la Révolution.
Claire-voie et fenêtres géminées
L'ARCHITECTURE
La maison occupe un emplacement privilégié au coeur de la ville, sur un côté de la place du marché (qui a été agrandie avec la construction de la halle dans les années 1840). Elle comprend un corps de logis principal et une tour, l’un des signes distinctifs des demeures de l’élite urbaine au Moyen Âge, que l’on soit noble ou non.

Le rez-de-chaussée était réservé à trois boutiques, ouvrant chacune par une grande arcade sur la place et qui étaient occupées par des marchands ou un notaire. Aussi l’accès à la maison se faisait-il par une entrée latérale dans la rue Guilhem-Peire.
Un grand escalier extérieur établi dans la cour conduisait directement à la salle du premier étage, l’aula, où Pons de Graulhet accueillait ses hôtes et où étaient jugées les affaires relevant de la justice vicomtale. La pièce n’a jamais eu de cheminée, mais ses murs avaient reçu au XIIIe siècle un décor peint, dont subsistait encore en 1840 une partie d’un cavalier. Depuis la salle, un escalier ménagé dans l’épaisseur du mur arrière (entièrement
reconstruit au XIXe siècle) permettait de gagner les « chambres » privées du second étage.

Classé Monument historique, l’édifice a été restauré par l’architecte Eugène Viollet-le-Duc de 1842 à 1851. La façade, qui était presque intacte, n’a été que peu touchée par les travaux. En revanche, l’imposant beffroi qui surmonte la tour est une création du XIXe siècle, inspirée par les tours médiévales des villes de Toscane.
Le texte peint se devine encore sur le livre
LE DECOR SCULPTE DE LA CLAIRE-VOIE
La clef de lecture du programme sculpté se trouve sur le livre que tient le personnage figuré sur le pilier de gauche, dont l'inscription a permis d'identifier l'empereur législateur Justinien. En se fondant sur le droit romain, le commanditaire peut affirmer que nul ne peut être bon sans l'aide des lois et de la justice exercée par le prince. Le relief d'Adam et Ève après la Faute, sur le pilier de droite, rappelle que l'homme est faible devant le péché, et plusieurs chapiteaux illustrent les vices : colère, médisance, bestialité, impureté…

La majesté impériale a imposé l'hiératisme de Justinien, mais les chapiteaux de la Bestialité et de la Colère montrent que le sculpteur excelle dans la représentation du mouvement. Son art s'apprécie surtout avec le groupe d'Adam et Ève, dont les corps sont traités en volume sur les angles du bloc : des nus d'une telle vigueur plastique sont rares dans l'art roman, tout autant que des visages dotés d'une semblable présence humaine.Maurice Scellès
Service connaissance du patrimoine
DCAV - Région Midi-Pyrénées
La Bestialité La Bestialité
La Colère La Colère
La Médisance La Médisance
Adam et Ève Adam et Ève

Conception et Réalisation : Romain Deplano

Textes : Maurice Scellès