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Lire une façade à Lavaur

Ce dépliant vous aide à reconnaître les styles des façades du centre ancien de Lavaur, à travers les caractéristiques essentielles de chaque période (du Moyen Âge au XIXe siècle).
14 Mars 2012
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Carte de localisation de Lavaur
Tarn
Ville de Lavaur
LIRE UNE FAÇADE
À LAVAUR
Architecture
FICHE DÉCOUVERTE
Service connaissance du patrimoine
DCAV - Région Midi-Pyrénées
MOYEN ÂGE ET RENAISSANCE
La ville médiévale se reconnaît à son parcellaire serré. Les maisons les plus anciennes s'y trouvent. Elles sont généralement étroites et profondes (parcelles en lanières), comptent un ou deux étages et parfois un grenier ouvert appelé « soleilhou ».

À partir du XVe siècle, les fenêtres sont à croisée. Elles présentent une croix de pierre ou de bois composée d'un meneau (élément vertical) et d'une traverse horizontale. Ces croix facilitaient la pose de petites menuiseries et de petits carreaux à réseau de plomb. Il en subsiste peu.
Les maisons de cette époque ont souvent une architecture en pan de bois. Elles se reconnaissent aux petites croix de Saint-André
destinées à renforcer et à éviter les déformations de la structure (15 rue Vergadaud).

Aux XVe et XVIe siècles, les pans de bois sont parfois sculptés. Leur décor se reconnaît aux moulures à fines baguettes et aux arcs en accolade qui signalent les portes d'entrée (9 rue du Reilhon).
Une maison dans la rue Vergadaud, avec des étages sur encorbellement, et une structure à petites croix de Saint-André
Dans les demeures bourgeoises, l'accès aux étages s'effectue par un escalier en vis. Abrité dans une tourelle, il se remarque dans la cour. Des galeries en bois appelées « coursières » permettent de desservir les différentes pièces. Il ne subsiste qu'un seul exemple de ce type d'aménagement (7-9 rue Père Colin).
17e SIÈCLE
Vue de Toulouse en aval du Bazacle L'imposante façade de l'hôtel Devoisins dans la rue Carlesse et ses encadrements en brique et pierre. Moulin du Bazacle sur la Garonne Une façade ordonnancée dans la Grand rue, avec un décor de tables saillantes sur les allèges des fenêtres.
La maison du XVIIe siècle se reconnaît à sa façade ordonnancée (composition symétrique à travées régulières). Au rez-dechaussée, il subsiste parfois les ouvertures d'anciennes boutiques surmontées d'arcs surbaissés (14 Grand rue).

Des bandeaux saillants marquent les niveaux d'appui et les entablements qui couronnent les fenêtres.
La hauteur des étages décroît en montant jusqu'à la corniche qui supporte l'avant-toit. Le premier étage est l'étage noble. Sous l'appui de la fenêtre, l'allège est fréquemment décorée d'une table saillante (Presbytère de Saint- Alain).

La porte d'entrée est mise en valeur. Elle est encadrée par
des pilastres surmontés de chapiteaux et d'un entablement (Hôtel Devoisins au 31 rue Carlesse ; 26 rue Villeneuve). Elément de prestige, l'encadrement est parfois réalisé avec une alternance de brique et de pierre. Un jour, aménagé au-dessus de la porte et orné d'une grille en fer forgé, éclaire parfois l'entrée ou l'escalier.
Dans l'architecture en pan de bois, l'encorbellement tend à se réduire voire à disparaître. La structure se simplifie et les croix de Saint-André deviennent plus grandes, de la hauteur d'un étage (15 rue du Pas).

L'escalier en vis disparaît au profit de l'escalier droit, construit entre deux murs, avec des volées superposées. Il se reconnaît à son garde-corps en bois à balustres tournés.
18e SIÈCLE
La maison du XVIIIe siècle reprend les modèles plus anciens avec quelques adaptations. Les étages sont séparés par des cordons qui soulignent les niveaux de plancher. Une épaisse corniche, parfois ornée de denticules (1 rue Père Colin), surmonte souvent le dernier niveau éclairé par des oculus (10, 12 ou 18 Grand rue).

La porte d'entrée est reconnaissable à ses vantaux de taille inégale séparés par un pilastre cannelé. L'imposte est vitrée, protégée par des barreaux ou une grille en fer forgé qui remplace le jour des maisons plus anciennes (19 rue du Pas ; 39 Grand rue ; 15 place du Vieux Marché).
Les fenêtres ont un linteau cintré ou un arc segmentaire. Leurs piédroits sont en relief, parfois soulignés par des
consoles qui supportent les appuis. La portefenêtre et les persiennes font leur apparition. Les balconnets composés d'un seuil et d'un gardecorps en fer forgé à volutes sont caractéristiques des maisons de cette époque (30 Grand rue).

Les techniques d'assemblage du pan de bois ont changé. Les croix de Saint-André sont remplacées par des poteaux droits, et la structure est contreventée par des pièces obliques, les décharges (16 rue Père Colin). Des encadrements de fenêtres à arcs segmentaires peuvent être rapportés sur des structures antérieures (39 rue Carlesse).
L'escalier ne prend appui que sur les murs de la cage. Le gardecorps en fer forgé peut être décoré à l'image des balconnets des façades.
Vue de Toulouse en aval du Bazacle Bel exemple d'architecture à pan de bois du XVIIIe siècle, dans la rue du Père Colin. Moulin du Bazacle sur la Garonne Dans la Grand rue, ce balconnet s'orne d'un garde-corps en fer forgé à décor de volutes.
19e SIÈCLE
Vue de Toulouse en aval du Bazacle Décor de terre cuite moulée sur un immeuble de la rue du Père Colin (frise et modillons). Moulin du Bazacle sur la Garonne Sur les allées Jean-Jaurès, un balcon filant en fonte et des fenêtres à lambrequins décorent le premier étage.
Au XIXe siècle, les pans de bois des façades anciennes sont masqués par la pose d'enduits. Dans ce cas, les fenêtres sont dotées d'encadrements rapportés en bois (rue Carlesse).
Les façades sont organisées en registres, séparés par des cordons qui soulignent les étages (37 rue Père Colin ; 27 rue Carlesse).

Les maisons de cette époque se reconnaissent aux éléments de décor en terre cuite moulée, fabriqués en série : frises, antéfixes, ou roses d'oculi (40 rue Père Colin). Les garde-corps en fonte sont également produits en série. Le balcon filant fait son apparition au premier étage.

Si les fenêtres à arc segmentaire persistent dans la première moitié du XIXe siècle, elles reviennent ensuite au format rectangulaire, surmontées d'un entablement (Place du Vieux Marché).

Les contrevents des étages sont le plus souvent en persiennes, parfois repliables en tableau à la fin du siècle. Cependant, le système des volets intérieurs peut encore être utilisé. Les lambrequins parfois conservés dissimulaient les jalousies en bois (stores vénitiens) repliées (10 allées Jean-Jaurès).
Le garde-corps de l'escalier est constitué de minces balustres en fonte qui portent la rampe.

Conception et Réalisation : Romain Deplano

Textes : Céline Vanacker