Les évolutions de Gavarnie (tourisme, etc.)

hôtel de voyageurs - Vue d'ensemble des façades principales, avec le pignon central entre les deux ailes ouest et est.
Photo : Philippe Poitou
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La montée en puissance du tourisme

Créée à la Révolution, la commune de Gavarnie est autonome depuis 1842. Cette date correspond à l'essor touristique du lieu. Gavarnie est alors réputé pour sa foire internationale (22 juillet) : facilité par la proximité avec l'Aragon, le commerce transfrontalier est à la base de l'économie locale (export de laines, import de vin...). Aujourd'hui, l'activité touristique a pris le pas (vente de souvenirs, location de mulets, hôtellerie, guides et accompagnateurs de montagne).

Essor de l'hôtellerie

Le succès de Gavarnie est tel qu'à la fin du XIXe siècle, les touristes ne trouvent plus à se loger. Le village se dote de plusieurs hôtels : Le Marboré (1895), Le Vignemale (1905), concurrençant ceux qui s'étaient implantés au bord même du cirque comme l'hôtellerie du Pont de Neige (disparue), et l'hôtel de la Cascade, signalé dès 1858. Agrandi, ce dernier existe toujours, dominé par les murailles colossales du cirque, dans le mugissement omniprésent des cascades et du torrent. Les guides y ont laissé des graffiti.

Un village en pleine expansion

Les extensions du premier village sont contemporaines de l'essor touristique (2ème moitié XIXe siècle), autour de l'Hôtel des Voyageurs dans un premier temps. Au XXe siècle, elles ont gagné les anciens prés de fauche, sous l'église. Ce dernier « quartier », à vocation très commerçante, s'impose aujourd'hui comme un centre d'agglomération. Les bâtiments publics (église, mairie, fontaine, Office de Tourisme) ponctuent ces différentes fractions. Entre ces quartiers, des hôtels et résidences s'échelonnent en corniche au-dessus du Gave.

Gavarnie au temps des premières ascensions

Pendant plusieurs siècles, l'accès à Gavarnie depuis Luz se fit à pied ou à mulet sur des sentiers périlleux. Aménagée en 1864, la route carrossable passe alors sur le pont de Baratgin et remonte devant l'Hôtel des Voyageurs où équipages et mulets stationnent. Malgré un confort sommaire, nombre de personnalités s'y arrêtent. Durant toutes ces périodes, Gavarnie est réputé pour être un lieu très froid : les maisons, vraies « masures » sans vitres, ont des doubles volets en bois toujours fermés.

Les transformations du bâti traditionnel

Les maisons traditionnelles présentent des encadrement de marbre pour les portes d'entrée, et de bois pour les fenêtres. Sous le toit à deux pentes, le comble est percé de lucarnes. Le mur pignon porte la cheminée et dessine des gradins (pignon à redents) mais le chaume a disparu, remplacé par l'ardoise. L'usage du bois apparaît en façade sur des constructions des années 1920-1930 liées au tourisme montagnard (boutiques, cafés). On note ici ou là l'influence du style basque. Ces typologies traditionnelles se sont vues négligées dans la rénovation des bâtiments qui a privilégié le béton.

Emergence du devoir de protection patrimoniale

Avec la fin du XIXe siècle, un changement s'opère dans la perception du lieu. Tandis que l'ancienne vocation agro-pastorale du territoire bascule vers l'activité touristique, une volonté de protéger la beauté des montagnes se fait jour. Ce qu'on a appelé le « mouvement de patrimonialisation du paysage » aboutit en 1997 à l'inscription du massif du Mont-Perdu au Patrimoine mondial de l'UNESCO, étape majeure pour la reconnaissance des dimensions naturelles, géologiques, biologiques et culturelles du site.

Voir les notices correspondantes :

Auteur :

Claire Fournier