La découverte de la montagne (le pyrénéisme) à Gavarnie

Montagnards devant le Pont de Neige au fond du cirque (Carte postale, vers 1900).
Photo : Philippe Poitou
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Un paysage d'exception

Le cirque de Gavarnie, "immense poème géologique" (Schrader), fait partie d'une vaste formation calcaire transfrontalière. C'est un hémicycle rocheux de 6km de diamètre, ceinturé de murailles à pic disposées en trois paliers monumentaux parcourus d'immenses cascades, et de sommets culminant à plus de 3000 m. Ce paysage colossal où la roche se colore d'une polychromie de verts sombres et de gris, a de tout temps été comparé à une architecture.

La découverte du site de Gavarnie

Dès le XVIIe siècle, des minéralogistes, des botanistes et des cartographes étudient le massif. C'est à la fin du XVIIIe siècle que la notoriété de Gavarnie s'impose grâce à de nouveaux visiteurs. Attirés par la sauvagerie du lieu, le goût de l'exploit, ces derniers cultivent aussi le « sentiment » du paysage. Premier ascensionniste du Mont-Perdu (1802), Ramond de Carbonnières (1755-1827) en livre un récit aussi riche d'observations que d'émotions, véritable modèle de littérature préromantique. C'est le début du pyrénéisme.

La grande époque du pyrénéisme

Toute une lignée de pyrénéistes passionnés, comme le Comte Henry Russell (1834-0909), s'adonnent ainsi à la curiosité scientifique et à la verve lyrique. La diffusion de leurs récits comme celle des lithographies, attise l'engouement du public. Dès lors, les curieux affluent et Gavarnie devient l'étape pyrénéenne incontournable. Pour les conduire sur les sommets, une famille de guides de haute montagne se révèle sur place : les Passet.

Gavarnie au temps des premières ascensions

Pendant plusieurs siècles, l'accès à Gavarnie depuis Luz se fit à pied ou à mulet sur des sentiers périlleux. Aménagée en 1864, la route carrossable passe alors sur le pont de Baratgin et remonte devant l'Hôtel des Voyageurs où équipages et mulets stationnent. Malgré un confort sommaire, nombre de personnalités s'y arrêtent. Durant toutes ces périodes, Gavarnie est réputé pour être un lieu très froid : les maisons, vraies « masures » sans vitres, ont des doubles volets en bois toujours fermés.

Le Turon de la Courade, panthéon du pyrénéisme

L'histoire du pyrénéisme à Gavarnie est très marquée par l'action de Franz Schrader (1844-1924). Cumulant plusieurs compétences dont la géographie et la cartographie, il invente l'olographe et réalise la première carte du massif du Mont-Perdu. Deuxième pyrénéiste après Russell à recevoir les honneurs publics, il reçoit une sépulture à l'entrée du cirque, sur le Turon de la Courade. Toute proche se trouve la tombe de deux autres pyrénéistes engagés : Louis et Margalide le Bondidier, fondateurs du Musée de Lourdes.

Un lieu de commémoration pour les amoureux du site

Même si l'effigie du Comte Russell préside à l'entrée de Gavarnie depuis 1911, la municipalité décide en 1932, à la demande de Louis le Bondidier, que le petit cimetière du village accueillera désormais les tombes de tous les grands montagnards épris du site. Le cimetière devient ainsi le lieu de commémoration par excellence du pyrénéisme. Les oeuvres s'échelonnent sur le 20e siècle et jusqu'à aujourd'hui.

Voir les notices correspondantes :

Auteur :

Claire Fournier